[La Chonya : Acte I] Une course
[La Chonya : Acte I] Une course
Il courait. Depuis combien de temps ? Impossible à dire. Mais il courait, c'était certain. La course était même devenue une sorte de fin en soi. Une preuve qu'il était vivant. Qu'il avait son destin en mains.
Chaque écorchure provoquée par les ronces, chaque roulade dans les gravats, chaque larme qui quittait ses yeux, tout ça prouvait qu'il vivait. Si bien qu'avec le temps, chaque minutes passée dans cette course folle lui apportait un plaisir proche de l'extase. S'arrêter, c'était mourir, et il ne s'arrêta pas, même après avoir aperçu les hautes tours vers lesquelles son allure l'emmenait. Les tours dont les voix avaient parlé.
Ne traînons pas dans les environs, avait fait la voix alors qu'elle achevait d'arracher les dents en or de son père, qui pourtant vivait encore. Il y a une garnison non loin, et les chevaliers qui y vivent pourraient nous donner la chasse.
Nous serons déjà loin quand ils s'en rendront compte, avait répondu la voix, assise sur la partie du corps de sa mère qui ne brulait pas encore. Il faut remonter loin au nord-ouest pour la trouver.
Alors il avait couru. La voix avait crié quelque chose, et il avait craint qu'elle ne le rattrape à son tour, comme elle l'avait fait de sa jeune soeur, avant de le jeter aux cochons. Mais elle ne l'avait pas suivi, ou alors il avait couru plus vite qu'elle. Et maintenant il se trouvait sur la route menant à la fameuse garnison et à ces chevaliers que la voix craignait.
Le matin naissait à peine quand un jeune garçon ensanglanté, nu pieds et les cheveux brûlés, interrompit sa course devant la grande porte de la garnison du ruisseau de l'ouest et s'effondra devant ceux qui s'y trouvaient.
Chaque écorchure provoquée par les ronces, chaque roulade dans les gravats, chaque larme qui quittait ses yeux, tout ça prouvait qu'il vivait. Si bien qu'avec le temps, chaque minutes passée dans cette course folle lui apportait un plaisir proche de l'extase. S'arrêter, c'était mourir, et il ne s'arrêta pas, même après avoir aperçu les hautes tours vers lesquelles son allure l'emmenait. Les tours dont les voix avaient parlé.
Ne traînons pas dans les environs, avait fait la voix alors qu'elle achevait d'arracher les dents en or de son père, qui pourtant vivait encore. Il y a une garnison non loin, et les chevaliers qui y vivent pourraient nous donner la chasse.
Nous serons déjà loin quand ils s'en rendront compte, avait répondu la voix, assise sur la partie du corps de sa mère qui ne brulait pas encore. Il faut remonter loin au nord-ouest pour la trouver.
Alors il avait couru. La voix avait crié quelque chose, et il avait craint qu'elle ne le rattrape à son tour, comme elle l'avait fait de sa jeune soeur, avant de le jeter aux cochons. Mais elle ne l'avait pas suivi, ou alors il avait couru plus vite qu'elle. Et maintenant il se trouvait sur la route menant à la fameuse garnison et à ces chevaliers que la voix craignait.
Le matin naissait à peine quand un jeune garçon ensanglanté, nu pieds et les cheveux brûlés, interrompit sa course devant la grande porte de la garnison du ruisseau de l'ouest et s'effondra devant ceux qui s'y trouvaient.
- Doreane
- Retraité de l'Ost
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- Localisation : Hurlevent, vieille ville
Doreane profitait d'un moment de répit et d'un rayon de soleil pour entretenir le harnachement de sa jument. En l'absence d'un maître d'écurie décent elle préférait se charger elle même de ce genre de tâches, histoire d'être sûre que ce serait correctement fait. Elle était donc assise a pied d'un arbre, non loin de l'entrée de bastion, en train de frotter avec application le cuir des rênes pour l'assouplir, et aux premières loges pour l'arrivée dramatique qui s'ensuivit.
Les gens sont mus par des moteurs différents: pour certains c'est l'amour, la compassion, ou alors l'honneur, le devoir, pourquoi pas la cupidité, ou la méchanceté. Pour Doreane, depuis toujours, c'est principalement la curiosité. Et un jeune garçon qui s'écroule quasiment à ses pieds, voilà qui soulève beaucoup de questions.
Elle sauta donc sur ses pieds, et, détectant ses brûlures, commença par envoyer un garde chercher d'urgence un médecin ou la première personne qu'il croiserait susceptible de prodiguer les premiers soins.
S'étant assuré qu'il respirait elle s'efforça de le ranimer grâce à la bonne vieille méthodes de claques sur les joues tout en scrutant la route d'un air inquiet, se demandant si d'autres mauvaises surprises allaient surgir à la suite du blessé.
Les gens sont mus par des moteurs différents: pour certains c'est l'amour, la compassion, ou alors l'honneur, le devoir, pourquoi pas la cupidité, ou la méchanceté. Pour Doreane, depuis toujours, c'est principalement la curiosité. Et un jeune garçon qui s'écroule quasiment à ses pieds, voilà qui soulève beaucoup de questions.
Elle sauta donc sur ses pieds, et, détectant ses brûlures, commença par envoyer un garde chercher d'urgence un médecin ou la première personne qu'il croiserait susceptible de prodiguer les premiers soins.
S'étant assuré qu'il respirait elle s'efforça de le ranimer grâce à la bonne vieille méthodes de claques sur les joues tout en scrutant la route d'un air inquiet, se demandant si d'autres mauvaises surprises allaient surgir à la suite du blessé.
"Hey you,
Don't tell me there's no hope at all.
Together we stand, divided we fall."
Pink Floyd - the Wall
Don't tell me there's no hope at all.
Together we stand, divided we fall."
Pink Floyd - the Wall
La jeune femme scruta le chemin de terre en vain : aucune menace ne semblait suivre de près le garçonnet. Le traitement de choc qu'elle lui infligea eut quelque effet, et bientôt il sembla revenir à la vie, ce qui fut définitivement fait par le biais d'une quinte de toux qui constella le visage et le veston de Doreane de fines gouttelettes de sang.
Puis l'enfant cria.
Un cri qui venait de loin, et qui était le fruit des horreurs subies depuis cette heure enfouie de la nuit, où la mort avait frappé la petite vie tranquille d'une famille sans histoires.
La voix, fit Sebastian en s'accrochant à Doreane avec une force qu'on n'aurait pas soupçonnée, venue d'un corps si frêle. Elle a emporté ma mère, et mon père, et ma soeur. Elle vient. La voix.
L'enfant tremblait, comme pris de fièvre, et une nouvelle quinte de toux le prit.
Puis l'enfant cria.
Un cri qui venait de loin, et qui était le fruit des horreurs subies depuis cette heure enfouie de la nuit, où la mort avait frappé la petite vie tranquille d'une famille sans histoires.
La voix, fit Sebastian en s'accrochant à Doreane avec une force qu'on n'aurait pas soupçonnée, venue d'un corps si frêle. Elle a emporté ma mère, et mon père, et ma soeur. Elle vient. La voix.
L'enfant tremblait, comme pris de fièvre, et une nouvelle quinte de toux le prit.
"Et bien, quoi encore ? Si nous avons fait isoler les geôles depuis l'arriver d'Inweh, ce n'est pas pour entendre brailler devant les portes du bastion..."
Aucun doute sur l'origine de la voix traînante et ô combien agacée qui venait de s'élever derrière Doréane.
L'altière draeneï se tenait là, un épais volume dans les bras indiquant qu'elle s'apprêtait à se rendre à la tour de garde pour quelque inspection. Elle plissait les yeux, gênée par le soleil. Sans doute avait elle passé quelques heures dans l'obscurité d'une étude... Activité qu'elle pratiquait un peu trop ces temps cis. Depuis l'arrivée d'un gnome vaguement mage et surtout très archiviste au sein de l'Ost, contre toute attente, la draeneï s'était acoquinée à la petite chose pour réorganiser intégralement le système de classement des archives.
Cela avait pour effet qu'il était quasiment impossible de retrouver quoique ce soit sans les esprits tordues et combinés de la draeneï et du gnome... Mais pour avantage d'occuper la gorgone à autre chose que la maltraitance des pages. Un mal pour un bien.
Quoiqu'il en soit, sa nouvelle tâche nécessitait calme et concentration. Et entendre hurler à sa porte ne faisait pas partie de l'équation.
Doréane eut donc droit à un regard tout à fait accusateur, puisqu'elle était prise en flagrant délit d'assistance à personne bruyante :
"Qu'est ce que c'est que ça?"
Fut tout ce qu'Hadjirah put s'arracher d'humanité pour s'intéresser à la cause du malheureux...
Aucun doute sur l'origine de la voix traînante et ô combien agacée qui venait de s'élever derrière Doréane.
L'altière draeneï se tenait là, un épais volume dans les bras indiquant qu'elle s'apprêtait à se rendre à la tour de garde pour quelque inspection. Elle plissait les yeux, gênée par le soleil. Sans doute avait elle passé quelques heures dans l'obscurité d'une étude... Activité qu'elle pratiquait un peu trop ces temps cis. Depuis l'arrivée d'un gnome vaguement mage et surtout très archiviste au sein de l'Ost, contre toute attente, la draeneï s'était acoquinée à la petite chose pour réorganiser intégralement le système de classement des archives.
Cela avait pour effet qu'il était quasiment impossible de retrouver quoique ce soit sans les esprits tordues et combinés de la draeneï et du gnome... Mais pour avantage d'occuper la gorgone à autre chose que la maltraitance des pages. Un mal pour un bien.
Quoiqu'il en soit, sa nouvelle tâche nécessitait calme et concentration. Et entendre hurler à sa porte ne faisait pas partie de l'équation.
Doréane eut donc droit à un regard tout à fait accusateur, puisqu'elle était prise en flagrant délit d'assistance à personne bruyante :
"Qu'est ce que c'est que ça?"
Fut tout ce qu'Hadjirah put s'arracher d'humanité pour s'intéresser à la cause du malheureux...
- Doreane
- Retraité de l'Ost
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Doreane eut un mouvement de recul quand le gamin lui cracha du sang au visage.
"Bon ça vient ce médecin?" cria-t-elle d'une voix exaspérée, mais sans pour autant quitter le garçon des yeux. d'autant plus que celui-ci s'était mis à hurler et à délirer et elle avait tout le mal du monde à le maintenir.
"Mais non mais non, tout va bien, il n'y a pas de voix ici, tu es en sécurité..."
Elle fut interrompue par une voix familière, tout droit sortie des déserts glacés du Norfendre.
"Qu'est-ce que c'est que ça?"
Toute absorbée qu'elle était elle n'avait pas vu la draeneï arriver, mais il ne lui fallut pas longtemps pour faire le lien Hadjirah = pouvoir chamanique = soin. Bon, en réalité elle se servait surtout desdits pouvoirs pour réduire ses ennemis (voire ses alliés) en charpie. Mais il devait bien lui rester un minimum de connaissances appropriées?
"Ca, c'est un gamin qui s'est écroulé ici il y a quelques minutes à peine. Il divague à propos d'une voix qui arrive, mais il est blessé et j'imagine qu'il ne s'est pas fait ça tout seul."
Doreane jeta un coup d'oeil à sa secouriste improvisée, se demandant comment obtenir sa coopération.
"Vu l'incompétence totale qui a l'air de régner ici, tu peux m'aider à l'emmener à l'infirmerie? Un blessé qui agonise devant la porte ça fait désordre, non?"
Certaines personnes sont mues par la compassion, d'autres par la curiosité, d'autres enfin par une obsession pour l'ordre et la propreté frôlant la psychose...
"Bon ça vient ce médecin?" cria-t-elle d'une voix exaspérée, mais sans pour autant quitter le garçon des yeux. d'autant plus que celui-ci s'était mis à hurler et à délirer et elle avait tout le mal du monde à le maintenir.
"Mais non mais non, tout va bien, il n'y a pas de voix ici, tu es en sécurité..."
Elle fut interrompue par une voix familière, tout droit sortie des déserts glacés du Norfendre.
"Qu'est-ce que c'est que ça?"
Toute absorbée qu'elle était elle n'avait pas vu la draeneï arriver, mais il ne lui fallut pas longtemps pour faire le lien Hadjirah = pouvoir chamanique = soin. Bon, en réalité elle se servait surtout desdits pouvoirs pour réduire ses ennemis (voire ses alliés) en charpie. Mais il devait bien lui rester un minimum de connaissances appropriées?
"Ca, c'est un gamin qui s'est écroulé ici il y a quelques minutes à peine. Il divague à propos d'une voix qui arrive, mais il est blessé et j'imagine qu'il ne s'est pas fait ça tout seul."
Doreane jeta un coup d'oeil à sa secouriste improvisée, se demandant comment obtenir sa coopération.
"Vu l'incompétence totale qui a l'air de régner ici, tu peux m'aider à l'emmener à l'infirmerie? Un blessé qui agonise devant la porte ça fait désordre, non?"
Certaines personnes sont mues par la compassion, d'autres par la curiosité, d'autres enfin par une obsession pour l'ordre et la propreté frôlant la psychose...
"Hey you,
Don't tell me there's no hope at all.
Together we stand, divided we fall."
Pink Floyd - the Wall
Don't tell me there's no hope at all.
Together we stand, divided we fall."
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La discussion entre les deux femmes ne semblait pas apaiser l'enfant, qui divaguait toujours en marmonnant des propos inintelligibles. A cela une raison fort simple : la fièvre. Son front était brûlant, et le traumatisme qu'il avait subi en était sans doute à l'origine, si ce n'était pas de ses blessures physiques. Toujours accroché à Doreane, il eut soudain un soubresaut, une nouvelle quinte de toux, puis ouvrit grand les yeux, dévisageant la draeneï. Il leva une main faible vers elle, la désignant du doigt.
La voix...
Puis il s'évanouit.
La voix...
Puis il s'évanouit.
- Paullariand Dourentée
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Dame Lahidi (*à prononcer avec les majuscules, un peu de respect s'il vous plaît*) était partie pour une inspection de la tour de garde, ce qui évidemment intéressait beaucoup Paullariand. Outre le fait de connaître un peu mieux les locaux et les us des Écuyers, la companie de la Draneï était très plaisante: elle avait de merveilleuses idées, et un esprit si pratique, si claire ! Il regrettait qu'elle ne fût pas venu étudier à Dalaran, elle aurait fait de grande chose.
Donc Paullariand, après avoir réunis une demi-douzaine de teintes d'encre et un petit écritoire portable, se rendit à l'extérieur pour tomber nez à nez sur Doréane et sa Collègue, ainsi que sur un enfant en sang, qui sentait le cochon grillé…
«Allons bon, ils en sont a s'entre-tuer ces campagnards ?»
Tout en disant cela, il observa rapidement les blessures de l'enfants, ayant quelques notion de base de secourisme, une formation reçue en quatre sessions de 12 cours de 6 heures par semaine, en essayant de ne pas se tacher.
«Ses plaies semblent bénignes, il a dû se faire ça en courant, je n'explique pas ses brûlures, mais il est en état de choque et de fatigue extrème.»
Il fit un sort de plume légère et l'enfant, déjà légé, pût donc être aisemment transporté, par n'importe qui, même par Paullariand (ce qu'il ne fit pas évidemment…) à l'infirmerie.
Donc Paullariand, après avoir réunis une demi-douzaine de teintes d'encre et un petit écritoire portable, se rendit à l'extérieur pour tomber nez à nez sur Doréane et sa Collègue, ainsi que sur un enfant en sang, qui sentait le cochon grillé…
«Allons bon, ils en sont a s'entre-tuer ces campagnards ?»
Tout en disant cela, il observa rapidement les blessures de l'enfants, ayant quelques notion de base de secourisme, une formation reçue en quatre sessions de 12 cours de 6 heures par semaine, en essayant de ne pas se tacher.
«Ses plaies semblent bénignes, il a dû se faire ça en courant, je n'explique pas ses brûlures, mais il est en état de choque et de fatigue extrème.»
Il fit un sort de plume légère et l'enfant, déjà légé, pût donc être aisemment transporté, par n'importe qui, même par Paullariand (ce qu'il ne fit pas évidemment…) à l'infirmerie.
- Doreane
- Retraité de l'Ost
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- Enregistré le : mar. 23 juin, 2009 1:21 pm
- Localisation : Hurlevent, vieille ville
Retenant une remarque acerbe sur les scribouillards qui se prenaient pour des médecins, Doreane profitât du sort lancé par le mage pour prendre l’enfant dans ses bras et le porter vers l’infirmerie. De toute façon personne d’autre n’avait l’air décidé à se salir les mains. Le pauvre petit s’était à nouveau évanoui à la vision d’Hadjirah – ce qui pouvait se comprendre. Un peu de calme et un vrai médecin pourraient peut-être le remettre sur pied et l’amener à expliquer un peu plus clairement ce qui lui était arrivé.
"Hey you,
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Hadjirah était restée quelque peu figée à la question de Doréane. Déchirée entre l'idée de laisser des saletés sur le parvis du bastion, et celle de devoir se salir les mains sur un blessé qui avait trainé on ne savait où...
L'intervention de Paullariand fut donc ô combien appréciée, et la draeneï sorti de son mutisme voyant que Doréane s'occupait elle même de charrier les ordu... le blessé.
Elle ne laissa pas tomber l'affaire pour autant. Si désordre il y avait eu, elle devait savoir pourquoi. Elle se fendit d'un léger signe de remerciements envers le gnome - geste rare chez elle, avant d'emboiter le pas de Doréane :
"S'il est blessé et poursuivi par quelque chose, et que le quelque chose arrive ici, il devra rembourser les dégâts occasionnés!"
Prévint elle avec sècheresse, haussant la voix en espérant que l'inconscient l'entende dans son comas. Il ne serait pas dit qu'elle ne l'aurait pas prévénu :
"Il n'a pas donné de nom ? Rien ? J'espère que dans sa campagne, montrer quelqu'un du doigt en le traitant de voix n'est pas une insulte, ou il en répondra..."
Elle plissa alors le nez avant de conclure :
"J'espère que nous trouverons quelqu'un à l'infirmerie, je ne voudrais pas avoir à me salir la mana..."
L'intervention de Paullariand fut donc ô combien appréciée, et la draeneï sorti de son mutisme voyant que Doréane s'occupait elle même de charrier les ordu... le blessé.
Elle ne laissa pas tomber l'affaire pour autant. Si désordre il y avait eu, elle devait savoir pourquoi. Elle se fendit d'un léger signe de remerciements envers le gnome - geste rare chez elle, avant d'emboiter le pas de Doréane :
"S'il est blessé et poursuivi par quelque chose, et que le quelque chose arrive ici, il devra rembourser les dégâts occasionnés!"
Prévint elle avec sècheresse, haussant la voix en espérant que l'inconscient l'entende dans son comas. Il ne serait pas dit qu'elle ne l'aurait pas prévénu :
"Il n'a pas donné de nom ? Rien ? J'espère que dans sa campagne, montrer quelqu'un du doigt en le traitant de voix n'est pas une insulte, ou il en répondra..."
Elle plissa alors le nez avant de conclure :
"J'espère que nous trouverons quelqu'un à l'infirmerie, je ne voudrais pas avoir à me salir la mana..."
Le petit groupe arrivait à l'infirmerie quand l'enfant se réveilla. Il ne prononça aucun mot, et Doreane mit quelques instants avant de se rendre compte que ses grands yeux marrons la dévisageaient avec un calme qui n'était qu'apparent : le corps tout entier du garçonnet dégageait une chaleur digne d'une fièvre de cheval. Du sang coulait de son nez, mais il ne fit pas un geste pour l'essuyer, se contentant de se laisser porter.
Vous aussi vous allez mourir, fit-il d'une voix si faible que seule la jeune femme l'entendit.
Vous aussi vous allez mourir, fit-il d'une voix si faible que seule la jeune femme l'entendit.
-
Térébantine VanHowzen
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- Enregistré le : dim. 30 mai, 2010 9:50 pm
Lorsqu'ils pénétrèrent dans l'infirmerie, ils stoppèrent net devant un spectacle si désopilant qu'il leur fit oublier l'urgence de la situation.
Là, assise les jambes croisées sur un des lits de camp, nimbée d'une aura palpable de fumée opaque, une étrange créature tenait en respect l'infirmier de garde du bout de sa cigarette. La chevelure opulente et d'une improbable couleur verte, engoncée dans une robe corsetée d'un rouge abusif, elle tapotait du bout de son talon de bottine un sac de voyage dodu et solitaire.
- T'es en train de me dire que tu sais pas ce qu'est une bouteille d'alcool à 90° , gadjo ? Vous désinfectez vos couteaux de boucher à quoi ici ? A la bière ?!... J'espère qu'tu touches un pourcentage sur les amputations au kilo, mon gars ! fit-elle d'une voix rendue rocailleuse par une consommation généreuse de tabac. Hey ! Mais qui que vl'à !? Une cornue, ses laquais et un petit gigot ! C'est méchoui ce soir ?
Un sourire en coin, Térébantine leur lança une de ses œillades saignantes dont elle avait le secret...
Là, assise les jambes croisées sur un des lits de camp, nimbée d'une aura palpable de fumée opaque, une étrange créature tenait en respect l'infirmier de garde du bout de sa cigarette. La chevelure opulente et d'une improbable couleur verte, engoncée dans une robe corsetée d'un rouge abusif, elle tapotait du bout de son talon de bottine un sac de voyage dodu et solitaire.
- T'es en train de me dire que tu sais pas ce qu'est une bouteille d'alcool à 90° , gadjo ? Vous désinfectez vos couteaux de boucher à quoi ici ? A la bière ?!... J'espère qu'tu touches un pourcentage sur les amputations au kilo, mon gars ! fit-elle d'une voix rendue rocailleuse par une consommation généreuse de tabac. Hey ! Mais qui que vl'à !? Une cornue, ses laquais et un petit gigot ! C'est méchoui ce soir ?
Un sourire en coin, Térébantine leur lança une de ses œillades saignantes dont elle avait le secret...
Suivez l'odeur de sang frais et de tabac fumé...
Le trésorier accourait depuis son bureau , avisé par un garde qu 'un mendiant-mourant était en convoyage vers l'infirmerie il avait décidé de se mêler lui aussi du traitement.
Il transportait un grand sac de jute, qui constituait pour lui la meilleure thérapie : celle qui ne couterait pas un seul denier a l'Ost.
Enfilant les couloirs a grandes enjambées le trésorier marmonnait:
_ un peu de chloroforme , dans le sac et hop ! à la rivière, c 'est pas l'orphelinat d'Hurlevent ici....
Il stoppa net en voyant déboucher le petit cortège, et dissimula son sac à patate a la vue de Doréane. Il fut néanmoins surpris par la créature qui se tenait sur l'un des lits et y attacha toute son attention. Il caqueta immédiatement:
_ qu'est que c'est que cette affreusité? elle fabrique quoi ici ? c'est pas une maison de passe ici !!ni un cabinet d'astrologie !! et puis on a déjà un docteur au cheveux vert...enfin on avait ...depuis on l'a nommé à la tête des troupes , quitte a ce qu'il asssasine des gens autant que ca serve à la cause ...
Il transportait un grand sac de jute, qui constituait pour lui la meilleure thérapie : celle qui ne couterait pas un seul denier a l'Ost.
Enfilant les couloirs a grandes enjambées le trésorier marmonnait:
_ un peu de chloroforme , dans le sac et hop ! à la rivière, c 'est pas l'orphelinat d'Hurlevent ici....
Il stoppa net en voyant déboucher le petit cortège, et dissimula son sac à patate a la vue de Doréane. Il fut néanmoins surpris par la créature qui se tenait sur l'un des lits et y attacha toute son attention. Il caqueta immédiatement:
_ qu'est que c'est que cette affreusité? elle fabrique quoi ici ? c'est pas une maison de passe ici !!ni un cabinet d'astrologie !! et puis on a déjà un docteur au cheveux vert...enfin on avait ...depuis on l'a nommé à la tête des troupes , quitte a ce qu'il asssasine des gens autant que ca serve à la cause ...
vaillant a l'ouvrage, de l'ost le rempart serait
- Paullariand Dourentée
- Retraité de l'Ost
- Messages : 2362
- Enregistré le : ven. 22 janv., 2010 11:56 am
- Localisation : Dans le bureau du T.R.A.U.M.A.
Paullariand était en train de suivre Doréane vers l'infirmerie, la brave fille portait l'enfant humai, il n'en attendait pas moins d'elle.
Arrivé au lieu dit de l'infirmerie, qui par elle-même enfreignait quelques règles élémentaires d'hygiène pour un tel lieu, il vit l'humaine rouge et verte. Le plus frappant, ne fût pas son physique «improbable», mais avec quel aisance elle violait le règlement intérieur de toute infirmerie qui se respect. Une liste non-exhaustive pourrait bien commencer par : assise sur un lit de malade sans autorisation, dans le cas où elle était interné ici, non-respect de l'uniforme d'interné. FUMER EST INTERDIT DANS L'ENCEINTE DE L'INFIRMERIE, pas de bonnet réglementaire, sac non réglementaire dans l'enceinte de l'infirmerie.
Bref, Paullariand était choqué, grâce à la bonne Dame Lahidi, il avait oublié qu'à la campagne, les gens était comme ça, non organisé, ne respectant aucun protocole, ou alors, égoïstement, le leur…
Le trésorier arriva à ce moment là, bien que succinct et vulgaire, il résuma bien la situation, tant bien que Paullariand n'eut rien à dire et attendit des explications.
Arrivé au lieu dit de l'infirmerie, qui par elle-même enfreignait quelques règles élémentaires d'hygiène pour un tel lieu, il vit l'humaine rouge et verte. Le plus frappant, ne fût pas son physique «improbable», mais avec quel aisance elle violait le règlement intérieur de toute infirmerie qui se respect. Une liste non-exhaustive pourrait bien commencer par : assise sur un lit de malade sans autorisation, dans le cas où elle était interné ici, non-respect de l'uniforme d'interné. FUMER EST INTERDIT DANS L'ENCEINTE DE L'INFIRMERIE, pas de bonnet réglementaire, sac non réglementaire dans l'enceinte de l'infirmerie.
Bref, Paullariand était choqué, grâce à la bonne Dame Lahidi, il avait oublié qu'à la campagne, les gens était comme ça, non organisé, ne respectant aucun protocole, ou alors, égoïstement, le leur…
Le trésorier arriva à ce moment là, bien que succinct et vulgaire, il résuma bien la situation, tant bien que Paullariand n'eut rien à dire et attendit des explications.
Hadjirah se figea en voyant l'assemblée se réunir.
Térébantine et Tellxeios venaient compléter un group déjà fort désassorti...
Elle n'afficha rien d'autre que son agacement perpétuel, mais au fond d'elle, quelque chose ressemblait à une jubilation naissante. Tout cela promettait d'être saignant, et donc très divertissant.
Elle s'adressa alors à Térébantine comme si la présence de la sanglante doctoresse n'avait rien d'étonnant. Si tant est qu'elle puisse encore trouver quelque chose étonnant après tout ce temps passé au sein de cet improbable Ost :
"J'éviterais de goûter la chair d'un vagabond mal cuit. Je suis persuadée qu'Azadeh m'arracherait la langue si elle l'apprenait."
Dans l'immédiat, il y avait une situation à gérer, et elle apporta sa pierre à l'édifice de sa voix traînante, pour qui voudrait bien l'entendre et s'y intéresser :
"Très bien. Puisque nous avons un médecin sous la main, décidons nous vite. Soit on essaie de faire quelque chose pour lui, soit on l'achève. Mais dans le premier cas j'espère qu'il a de quoi nous rembourser, et dans le second que sa famille aura quelques deniers pour payer le dérangement."
Cette solution lui parut raisonnable.
Tellxeios eut alors son attention :
"Puisque si l'Ost doit avancer la monnaie à Térébantine pour le service, je pense qu'on pourra demander un dédommagement double aux bénéficiaires ? Non pas que je désapprouve la solution du chloroforme, mais je ne suis pas volontaire pour aller ensuite jusqu'à la rivière. Il s'y passe vraiment trop de choses poisseuses."
Térébantine et Tellxeios venaient compléter un group déjà fort désassorti...
Elle n'afficha rien d'autre que son agacement perpétuel, mais au fond d'elle, quelque chose ressemblait à une jubilation naissante. Tout cela promettait d'être saignant, et donc très divertissant.
Elle s'adressa alors à Térébantine comme si la présence de la sanglante doctoresse n'avait rien d'étonnant. Si tant est qu'elle puisse encore trouver quelque chose étonnant après tout ce temps passé au sein de cet improbable Ost :
"J'éviterais de goûter la chair d'un vagabond mal cuit. Je suis persuadée qu'Azadeh m'arracherait la langue si elle l'apprenait."
Dans l'immédiat, il y avait une situation à gérer, et elle apporta sa pierre à l'édifice de sa voix traînante, pour qui voudrait bien l'entendre et s'y intéresser :
"Très bien. Puisque nous avons un médecin sous la main, décidons nous vite. Soit on essaie de faire quelque chose pour lui, soit on l'achève. Mais dans le premier cas j'espère qu'il a de quoi nous rembourser, et dans le second que sa famille aura quelques deniers pour payer le dérangement."
Cette solution lui parut raisonnable.
Tellxeios eut alors son attention :
"Puisque si l'Ost doit avancer la monnaie à Térébantine pour le service, je pense qu'on pourra demander un dédommagement double aux bénéficiaires ? Non pas que je désapprouve la solution du chloroforme, mais je ne suis pas volontaire pour aller ensuite jusqu'à la rivière. Il s'y passe vraiment trop de choses poisseuses."
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Térébantine VanHowzen
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- Enregistré le : dim. 30 mai, 2010 9:50 pm
- Les après-midi sont-elles toujours aussi burlesque d'pars chez vous ? gouailla l'improbable médecin. Allez pose ton paquet de viande sur le lit, j'ai besoin de m'astiquer le cerveau et c'est pas la conversation de votre infirmier qui y parviendra !
Passant devant le Trésorier dont elle n'avait cure des remontrances, elle écrasa son mégot sur le mur, s'essuya les mains sur les plis de sa robe et commença une rapide auscultation de l'enfant gémissant. Malgré sa dégaine ahurissante, ses gestes étaient surs et d'une précision parfaite : elle passa une main sur le front du petit avant de palper sa gorge, puis ses aisselles et enfin son pouls. Elle fronça les sourcils en considérant le saignement de nez mais aboya bientôt son diagnostique et ses recommandations :
-Hadjirah, fouille dans mon sac, il y'a une mallette contenant plusieurs aumônières d'herbes. Mélange du tilleul, de la fleur de sureau et du saule blanc et fait moi une infusion. ça fera baisser sa fièvre. Le moche et la demi-portion, fit-elle à Tellxeios et Paullariand , allez chercher de quoi faire un bain froid sans tarder. Quant à toi gamine, lança-t-elle à Doréane, tiens lui la main et éponge son nez. Quand il saura articuler son putain d'nom, il pourra nous dire si il a mal à la tête;
Elle plissa les yeux d'un air songeur.
- Je sais pas c'qui cause cette fièvre, mais je n'ai pas constaté de blessures apparentes. Reste toujours le risque d'une hémorragie interne, et ça se serait marrant ! En tout cas ce p'tit bout de couilles s'est pris une sacrée frousse, ça c'est sur !
Passant devant le Trésorier dont elle n'avait cure des remontrances, elle écrasa son mégot sur le mur, s'essuya les mains sur les plis de sa robe et commença une rapide auscultation de l'enfant gémissant. Malgré sa dégaine ahurissante, ses gestes étaient surs et d'une précision parfaite : elle passa une main sur le front du petit avant de palper sa gorge, puis ses aisselles et enfin son pouls. Elle fronça les sourcils en considérant le saignement de nez mais aboya bientôt son diagnostique et ses recommandations :
-Hadjirah, fouille dans mon sac, il y'a une mallette contenant plusieurs aumônières d'herbes. Mélange du tilleul, de la fleur de sureau et du saule blanc et fait moi une infusion. ça fera baisser sa fièvre. Le moche et la demi-portion, fit-elle à Tellxeios et Paullariand , allez chercher de quoi faire un bain froid sans tarder. Quant à toi gamine, lança-t-elle à Doréane, tiens lui la main et éponge son nez. Quand il saura articuler son putain d'nom, il pourra nous dire si il a mal à la tête;
Elle plissa les yeux d'un air songeur.
- Je sais pas c'qui cause cette fièvre, mais je n'ai pas constaté de blessures apparentes. Reste toujours le risque d'une hémorragie interne, et ça se serait marrant ! En tout cas ce p'tit bout de couilles s'est pris une sacrée frousse, ça c'est sur !
Suivez l'odeur de sang frais et de tabac fumé...