"Ne soyez pas desolée pour mon bien aimé, il est libéré désormais. Il... enfin, je le sais...
Vous voulez savoir comment une âme damnée se libère de l'emprise d'Arthas?" Lança t-elle cyniquement.
"C'est très simple.. Il faut un miracle.
Il m'arrive, même aujourd'hui encore de me demander comment cela a été possible...et pourtant...
Ma Dame, vous êtes une combattante de la Lumière. Vous réalisez des miracles de par la foi que vous entretenez. Croirez-vous si je vous avouais qu'une personne que l'on croyait irrémédiablement perdue aux forces du Fléau, a réussi l'impossible défi de libérer une armée complète de chevaliers inféodés au mal?
Je n'ai aucune preuve à vous apporter, sinon ma présence ici sans armes et la parole du Géneralissime Darion Mograine. Serviteur d'Arthas, il n'y a pas si longtemps, et maintenant combattant auprès du seigneur Tyrion Fordring.
Tous les chevaliers du Fort d'ébène qui ont survécu eurent l'ultime privilège de voir enfin la vérité au cours d'une fatidique bataille qui eut lieu à la Chapalle de l'Espoir de la Lumière, dans les Maleterrres.
Bien sur, je ne peux rien jurer pour les autres, en particulier les chevaliers qui ont rejoint la Horrde, mais à ma connaissance tous sont partis à la recherche d'une forme de rédemption. D'autres, sont allé à Hurlevent afin de demander au Roi de les reconnaître en tant que défenseurs de l'Alliance.
Certains errent encore, mais tous sont liberés d'arthas. Officiellement, les guerriers de la Lame d'ébène ne sont plus les vassaux du Roi-liche. Le Géneral Mograine y veille.
En ce qui me concerne, je me souviens que je débattais comme une diablesse, aveuglée par le voile rouge du sang et de la guerre, contre les soldats de l'Aube d'Argent lorsque le chaos cessa abruptement... Ce silence et cette lumière étaient si apaisantes, que j'avais cru que je mourrai enfin et que ce cauchemar se terminait. Une vision apparut alors à tous mes frères d'armes et aux valeurs guerriers de l'Aube... Alexandros Mograine, le premier porteur de Porte-cendres et paladin de la Main d'argent était là... illuminé dans le grace celeste, se tenant devant Darion, son fils.
Je me souviens d'avoir assisté à toute cette scène, mais que mon corps ne pouvait plus bouger..que ce soit de par mes blessures ou de par mon étonnement. Progressivement, la haine et la Faim disparurent. Seul, la paix subsistait. Je restais encore sous le choc de cette libération, ne sachant que penser, ou ne sachant qu'exprimer. Je me mis machinalement à genou derrière mon Géneral, Mograine...et laissa sa lumière me pénétrer."
Pendant son récit, Baelveena fixa intensément la lumière d'une des torches d'un air absent, indiquant qu'elle revivait pleinement son aventure.
"Toutefois, d'autres événements ont contribué à nous rappeler la lourdeur de nos crimes... "
Son poing se serra et ses dents mordillèrent sa lèvre infèrieure exsangue...
"Nous, chevaliers de 'Achérus faisions, comme tout autre servant d'Arthas des prisonniers lorsque nous avions besoin de renseignements ou d'aveux... Ces méthodes sont extrêmement barbares et rares sont ceux qui survivent sans devenir fous. Sachez que je suis capable de beaucoup de choses, sauf de torturer ou de tuer de sang-froid en temps normal. Comprenez qu'être sous le contrôle d'Arthas vous pousse au delà des limites de votre humanité.
Je me souviens qu'alors que je guerroyais contre la Croisade écarlate, que nous exécutions des prisonniers qui ne nous étaient plus d'aucune utilité... et en l'un d'eux je reconnus un home de Sombre-comté. un jeune homme que l'on avait envoyé au front pour défendre Lordaeron. Il avait tant changé que j'eus toutes les peines à la reconnaître. Cependant, lui me reconnut aussitôt et me rappela qui j'étais. Pour la première fois alors que je levais mon bras pour l'abattre avec mon épée, je tremblais... Pas de peur, mais de doute. Je ressentis une angoisse comme jamais je n'avais ressentie. pourtant il me supplia de l'achever...et c'est ce que je fis. Mais pour autant, quelque chose se brisait pour la première fois depuis que j'étais devenue chevaliere de la mort.
L'apparition d'Alexandros n'a fait qu'achever ce processus , en redonnant deux sentiments oubliés : la culpabilité et la paix."
Le soleil était déjà bien haut à ce moment du récit, et les fumets des cuisines pouvaient être sentis. L'atmosphère extérieure serait très détendue, si Baelveena n'avait ce ton et cet expression si grave.
"Lorsque nous fûmes relâchés de la volonté d'Arthas, beaucoup ne surent où aller et d'autres encore redoutaient de revenir chez eux...s'il y avait un "chez-eux"... Ce fut mon cas, lors de mon retour dans l'Alliance. Après avoir obtenu la rédemption auprès du Roi avec d'autres frères d'armes, je ne savais plus où aller ou quoi faire dans l'immédiat...
Bien sur, il y a avait le problème du Fléau, mais nous venions de "retrouver" nos vies. Aussi, décidai-je de retourner chez moi, à Sombre-comté s'il restait quelque chose.
Quel ne fut pas ma tristesse et mon abattement, lorsque je vis mes terres familiales jadis si prospères, désormais rasées pour ne laisser place au plus grand cimetière que je n'avais jamais vu. Tant de morts..Tant de gens que je connaissais, morts eux aussi... Étais-je encore dans le royaume des vivants? Était-ce bien le pays que je connaissais?
Je tombais à genoux et..je restais là penser, à réfléchir et à me souvenir de ma vie passée pendant des heures.
Plus tard, en cherchant des vestiges de mon domaine, je trouvais finalement ce fameux puits et l'auberge de ma famille. Malheureusement, l'établissement est vide si délabré que jamais personne ne viendra. Surtout avec le cimetière avoisinant."
Concluant enfin son long récit, elle ajoute..
"Désormais vous savez tout. Voilà où je gis..dans une vielle auberge en ruine abandonnée, situé devant un puits.
Abandonnée ou presque : j'ai donné la permission à une créature certes pittoresque, mais pour le moins inoffensive, de rester en lui donnant un toit...un gobelin. C'est un commerçant appartenant à la faction de Baie du butin. Je le tolère, car il m'a rendu bien des services, lorsque je devais reprendre contact avec le monde autour de moi. Il était le seul à ne pas m'avoir jugée sur ma nouvelle apparence. Le reste du temps, j'aide à l'occasion les Veilleurs de Sombre-comté à se défendre contre la menace mort-vivante."
Baelveena Mortebrume de Sombre-Comté
Aurys sourit à son trésorier, lui signifiant ainsi qu'elle escomptait bien autre chose de cette personne.
Dame, je vous remercie de vous être ainsi livrée à nous sans fard. Je conçois que se remémorer de tels évènements, puis les exprimer, puisse constituer une épreuve douloureuse. Je ne vous infligerai pas plus aujourd'hui.
Je vais à présent délibérer de votre candidature avec mes officiers. Les débats pourraient être longs, je ne vous le cache pas, car en raison de nos ambitions nous nous montrons aujourd'hui prudents vis-à-vis de ceux qui ont connu un destin similaire aux vôtres. Cependant, je me fais fort de vous tenir informée de notre décision dans les tous prochains jours. Je vous contacterai lorsque ce sera le cas.
Ces derniers mots concluaient l'entretien. La Connétable se pencha de nouveau sur les tableaux alambiqués que le Trésorier lui avait fait parvenir pour justifier ces demandes répétées, et la porte du bureau s'ouvrit comme par enchantement sur un Rainer impassible.
Dame, je vous remercie de vous être ainsi livrée à nous sans fard. Je conçois que se remémorer de tels évènements, puis les exprimer, puisse constituer une épreuve douloureuse. Je ne vous infligerai pas plus aujourd'hui.
Je vais à présent délibérer de votre candidature avec mes officiers. Les débats pourraient être longs, je ne vous le cache pas, car en raison de nos ambitions nous nous montrons aujourd'hui prudents vis-à-vis de ceux qui ont connu un destin similaire aux vôtres. Cependant, je me fais fort de vous tenir informée de notre décision dans les tous prochains jours. Je vous contacterai lorsque ce sera le cas.
Ces derniers mots concluaient l'entretien. La Connétable se pencha de nouveau sur les tableaux alambiqués que le Trésorier lui avait fait parvenir pour justifier ces demandes répétées, et la porte du bureau s'ouvrit comme par enchantement sur un Rainer impassible.
- Baelveena
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- Enregistré le : jeu. 19 févr., 2009 5:35 pm
- Localisation : Résidant à Sombre-Comté et occasionnellement à Acherus, le Fort d'ébène
"Ma dame, dans les jours qui suivent, je serai libérée de certaines obligations vis à vis de l'Aube d'argent pour rejoindre vos rangs. Je n'attends plus que votre aval et ceux de vos compagnons...."
Baelveena se tourne face à l'elfe qui visiblement craignait qu'elle recommence à parler pour un long moment.
"Au plaisir de vous avoir rencontré messire. Je vous prie de m'excuser pour cette interruption."
Puis sans trop tarder, rejoignit le silhouette désormais familière de l'adjoint aux moustaches bien soignées.
...
Aux portes du fortin de la Garnison de l'Ost, Baelveena se demandait combien parmi eux survivront lors de la bataille décisive contre Arthas... Elle espérait, néanmoins, que son pessimisme ne devienne jamais la prophétie d'une hécatombe. Il lui restait tant de choses à faire, outre s'aguerrir...et elle ne le pourrait le faire seule. S'aidant pour enfourcher son destrier caparaçonné. Elle fit un bref salut à l'adjoint avant de partir au petit galop vers Hurlevent...
Baelveena se tourne face à l'elfe qui visiblement craignait qu'elle recommence à parler pour un long moment.
"Au plaisir de vous avoir rencontré messire. Je vous prie de m'excuser pour cette interruption."
Puis sans trop tarder, rejoignit le silhouette désormais familière de l'adjoint aux moustaches bien soignées.
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Aux portes du fortin de la Garnison de l'Ost, Baelveena se demandait combien parmi eux survivront lors de la bataille décisive contre Arthas... Elle espérait, néanmoins, que son pessimisme ne devienne jamais la prophétie d'une hécatombe. Il lui restait tant de choses à faire, outre s'aguerrir...et elle ne le pourrait le faire seule. S'aidant pour enfourcher son destrier caparaçonné. Elle fit un bref salut à l'adjoint avant de partir au petit galop vers Hurlevent...
