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[Candidature Abandonnée] En quête...d'emploi.

Posté : ven. 08 janv., 2010 9:38 pm
par Yshal
C'est vêtue d'une simple robe noire bien usée qu'un jour, juste après l'aube, se présenta devant le bastion de l'Ost une jeune elfe de la nuit. Visiblement intimidée, c'est les yeux baissés et la main tremblante qu'elle produisit un parchemin.


-<< C'est euh...la réponse de madame Aurys à ma candidature; vous savez le poste de bonne? Elle dit dans sa lettre que je dois me présenter ici...Et là ce sont mes diplômes de couturière et euh...mes recommandations. Euh...vous êtes bien la personne a qui je dois me présenter, Monsieur? Bien sûr je cuisine aussi et...je, je, je sais même écrire!>>


C'est à peine si elle osait regarder l'adjoint Rainer alors qu'elle attendait une réponse, redoutant qu'on lui dise que le poste n'était plus à pourvoir...

Posté : sam. 09 janv., 2010 12:08 am
par Adjoint Rainer
Le bon vieux Rainer se gratta la moustache. La Connétable ne lui avait absolument pas annoncé qu'elle recrutait des soldats en tablier à moins que... Bon sang de Bois !

LE DRAGON ROUX !

Le brave soldat regarda l'elfe avec toute la commisération dont il était capable, laissant pour un temps de coté sa répugnance pour les étrangers à oreilles pointues. Personne ne méritait le sort qui se profilait pour la pauvre petite elfe, Oh non... personne !

- J'vais vous faire conduire à vo't future patronne... Olaf ! héla-t-il en direction d'un grand escogriffe en armure s'échinant sur un mannequin en bois, Va donc conduire la demoiselle au Chambellan.

L'adolescent au sourire fringuant vit ce dernier fondre comme neige au soleil.

- Dépêche !

- V'nez avec moi M'zelle. grogna l'élu d'un air morne.

Ils pénétrèrent dans l'enceinte du Bastion, traversèrent une cour animée par les exercices matinaux et l'entretien des écuries , puis s'introduisirent dans le hall et la salle commune. Ils laissèrent les bruit de couverts et de conversations derrière eux pour monter un large escalier de bois pour enfin se planter devant une porte de bois épais. Le gamin frappa trois coups secs.

-Chambellan , On vous demande audience !

Un crissement de chaise se fit entendre de l'autre coté de la porte, signal du repli pour le dit Olaf. Il laissa là seule la petite elfe plantée gauchement devant la porte derrière laquelle retentit un ferme et sonore :

- Entrez.

Ferme et sonore, mais néanmoins terriblement féminin.

Posté : sam. 09 janv., 2010 8:37 pm
par Yshal
Déjà fort impressionnée par la taille du bastion et l'activité qui semblait y regner, la jeune elfe se retrouva seule, livide et tremblante devant la massive porte. Une pensée pour sa famille, qui comptait sur elle pour qu'elle décroche cet emploi, l'aida à se ressaisir et à ouvrir la porte. Elle parvint presque à maitriser le tremblement de sa voix quand elle prit la parole:

<<Mes hommages Dame...>>

Dit-elle, exécutant une révérence parfaite avant de reprendre.

<<Je suis Yshal; c'est moi qui vous ai écrit concernant la place de bonne. J'ai...j'ai ici mon diplôme de couture et mes lettres de recommandations. J'espère que cela va faire l'affaire...>>

N'osant pas en dire plus, elle attendit qu'on lui réponde et tenta de masquer son inconfort par un sourire timide.

Posté : dim. 10 janv., 2010 9:51 pm
par Lomah de Sangre
Face à la jeune elfe se tortillant les doigts, se tenait une femme, une humaine, dont la chevelure rousse illuminait la pièce et le vert tendre de sa robe de soie précieuse incrustée de pierres de lune. Plutôt petite, le port néanmoins altier, elle dardait sur la nouvelle venue un regard dérangeant, de feu vibrant, pour ainsi dire.
Le silence s'étira un petit moment avant que le Chambellan ne desserre les dents. Elle avait une jolie voix, mais avec ce soupçon de douceur traitresse qui attire invariablement la mouche dans la gueule de la plante carnivore vers une fin prompte et douloureuse.

- Ah... la camériste. Je m'étais attendue à une humaine, les elfes s'entendent si peu dans l'art délicat de la parure, fit-elle avec une pointe de déception. Enfin voyons si vous savez tisser autre chose que des feuilles tressées avec vos petits doigts gris.

L'altière demoiselle attrapa les papiers que froissait nerveusement Yshal pour découvrir ses antécédent de couturière...

Posté : lun. 11 janv., 2010 7:43 pm
par Yshal
Piquée au vif par la réplique cinglante et par le jugement portée sur son peuple, Yshal sortit une petite pièce de tissus d'une bourse qu'elle portait sur le côté.

<<Je n'ai pu vous amener un de mes travaux car je n'ai pas les moyens de mes anciens employeurs mais, Madame, j'ai ici une pièce d'étoffe lunaire que j'ai,...que j'ai...pardon mais le mot n'existe pas en commun. Si vous voulez bien regarder et...et la "ressentir". Peut-être conviendrez-vous que les elfes de lune ont tout de même quelques talents en la matière.>>

En effet, la langue commune n'était pas assez subtile pour traduire assez richement le verbe elfique en question. Il incluait l'idée de filage d'un tissus certes, mais aussi celle d'une création magique où la lune jouerait une rôle, ainsi que des références à la Déesse Elune. Cependant, le commun des mortels serait saisi par la douce et chaude aura bleutée qui émanait de l'étoffe magique...

Posté : lun. 11 janv., 2010 8:13 pm
par Lomah de Sangre
" Elle ne paye pas de mine"
C'est la première impression qu'elle m'a faite en entrant dans la pièce. Gauche, maladroite, hésitante... je l'ai cataloguée presque trop vite tant les petites gens m'indiffèrent. Cependant, est c'est un atout notable, elle a tous les attributs de la servilté, ce qui pour devenir ma nouvelle camériste n'est pas chose négligeable."Mais si elle n'a pas plus de caractère" m'étais-je dis au début de l'entretien , "elle ne survivra pas à ma cadence. Il faut savoir danser à mon rythme pour me suivre."
Deidre avait cette capacité là, ... Deirdre....
Je chasse son image gironde de mon esprit. Elle a sa vie à mener, elle a le droit, je lui ais donné.

Je parcours ses références sans grande conviction lorsqu'elle me tends un morceaux de tissus sous le nez l'air furibond. Je hausse un sourcil et lui sourit d'un air nonchalant. Un peu de combativité sous ce masque timide ? Voilà qui n'est pas pour me déplaire...
Mes doigts caressent l'étoffe, je sens ma Flamme me faire crépiter les sangs. Le textile est doux au touché, la maille du tissage est fine et subtile, la matière à la fois chaude et légère, presque translucide. C'est un travail d'orfèvre et mon bon goût ne s'y trompe guère. Cependant un carré de toile ne saurait faire une robe...

Je pose mes yeux d'or sur Yshal de manière à ce qu'elle en pèse tout le poids, puis je cale mon menton sur mes deux mains jointes, un sourire de comploteuse épinglé sur le visage.


- Il est bien beau de "ressentir" ma chère enfant , mais il en est tout autre de concrétiser... Si je vous en donne les moyens, me prouverez-vous que vous êtes une couturière digne de ma beauté ?

Posté : mar. 12 janv., 2010 7:51 pm
par Yshal
Yshal avait l'habitude d'être pris de haut par les riches employeurs qu'elle avait connu; là n'était à cet instant pas son problème. Son dilemne naissait du fait qu'elle n'avait pas encore assez fréquenté son interlocutrice, pour savoir ce qu'elle aimait entendre. Répondre à la question posée pouvait très bien se retourner contre elle! Fallait-il répondre qu'elle était la personne toute désignée ou fallait-il, comme elle l'avait déjà vu, jouer de flâteries en répondant qu'aucune couturière ne saurait être digne de sa beauté? N'ayant pas de temps pour réfléchir, elle écouta son instinct:


<<Madame si vous pensez qu'une telle couturière existe, moi je sais que j'ai du talent et l'amour de mon métier alors, je pense que je pourrai être cette personne.>>

Posté : mer. 13 janv., 2010 12:27 am
par Lomah de Sangre
- J'apprécie la franchise.

Et sur ces mots je me lève et ouvre la porte en grand. Après quelques mètres dans le couloir je m'aperçois que la jeunette ne m'a pas suivie.

- Hé bien qu'attendez-vous pour venir avec moi ?


J'avance dans le corridor jusqu'à un second escalier menant aux appartements privés des officiers et chevaliers. Je laisse à l'elfe le soin de détailler à loisir la perfection de ma silhouette qui se balance au rythme cadencé d'un déhanché complètement apprivoisé. J'ouvre la porte de ma chambre, un endroit que je considère comme vétuste mais qui passe pour être le plus agréablement meublé de toute la Garnison : canapés de velours, tapisseries gobelines, bois laqués à la mode elfique, bibelots de porcelaine et ferronnerie naine de prix....

Et au centre de la pièce mon plus beau joyaux : Ma fille, Karin, qui babille de joie dans son berceau, en me voyant débouler. A coup sur elle fera son petit effet ma petite métis aux yeux d'azur et à la peau de lait....

- Ma chérie..

Sa nourrice s'éveille prestement d'un sieste inopportune tandis que je cueille le petit monstre dans son nid. Il faudra que je pense à faire fouetter cette vieille bique. Le petit personnel n'est plus ce qu'il était ...

-Je te présente Yshal, non.. non ce n'est pas un nouveau jouet ! Tu n'as pas été assez sage pour cela !

Je laisse échapper un rire de gorge chaleureux puis abandonne l'enfant à la surveillance que celle que je paie pour faire cela... Et non pour dormir.

- Laissez-nous seule Dorcas, voulez-vous ?

Je me tourne vers Yshal avec un air amusé une fois en tête à tête avec elle dans la pièce.
Puis j'ouvre soudain la porte de mon armoire en grand et dépiaute son contenu au sol devant les yeux effarés de la couturière : Il y'a là des parures et des robes qui firent se gargariser le gotah dans son intégralité, du tissus précieux, des créations de grand artistes.. Je les foule toutes du pied, j'arrache chaque plume, chaque dentelle, chaque perle... Rien n'échappe à ma soudaine furie.

Mon interlocutrice moins que toute ma garde-robe.

Je m'arrête brusquement et reprend mon souffle. L'exercice m'a grisé, il faut dire. Puis j'accorde un sourire nonchalant à la pauvre petite elfette.

- Voilà votre épreuve ma chère, montrez-moi donc vos talents : Avec ce tas de tissus vous allez me créer un robe. Je veux quelque chose qui m'aille à la perfection, qui me corresponde, qui n'ait jamais été vu, et qui fasse sensation. Je la veux pour ce mercredi. J'ai une réception et comme vous le constatez... Je n'ai plus rien à me mettre.

Je souris d'un air taquin.

- Si vous parvenez à me combler, je vous ferais engager, sinon, il vous faudra me rembourser la déception d'avoir perdu mes plus beaux effets...

Posté : dim. 24 janv., 2010 7:22 pm
par Yshal
Bien qu'ayant l'habitude des "caprices" des gens fortunés pour qui elle avait déjà travaillé, Yshal ne pouvait s'empêcher d'être choquée par la vision du tas de tissus à ses pieds. En effet, l'or que représentait ce gâchis aurait suffit à améliorer grandement la vie des gens du pauvre village de pêcheurs d'où elle venait. Elle n'en montra cependant rien et ramassa les pièces d'étoffe qu'elle fourra dans la plus grande et fit du tout une sorte de baluchon.

<<Bien madame, ce sera fait.>>

Elle salua le Chambellan d'une révérence et se retira. Repassant par les portes du bastion de l'Ost, elle y retrouva l'adjoint Rainer:

<<Madame m'a fait commande et avec votre autorisation je repasserai livrer dans la journée de mardi. Aurevoir Monsieur...>>

Faire une belle robe avec ces parures déchirées était dans les cordes de la jeune elfe car elle avait déjà travaillé avec bien moins de matière. Mais son employeur avait été clair: elle voulait quelque chose d'exceptionnel et là, il allait falloir ruser!...De la ruse Yshal en avait et par Elune l'exubérante rousse allait être enchantée; dans tous les sens du terme!

Elle se rendit près quartier des mages de Hurlevent. Là, elle emprunta une petite ruelle bien à l'écart des grandes artères de la capitale pour se retrouver devant une veille porte en bois qu'elle frappa doucement avant de l'entrouvrir.Elle fut acceuillie par une veille femme aux allures de sorcière mais à la voix chaleureuse:


<<Mais c'est ma p'tite tisse-amour qui vient m'voir! Alors quelles sont les nouvelles et comment va ta famille? Tiens, viens boire une bonne tisane et...t' as faim?...>>

Ce n'est qu'après avoir répondu à toutes les questions de la veille, écouté les derniers potins du quartier des mages, mangé deux assiettes de râgout au grotsch et bu trois tisanes différentes, qu'Yshal pu enfin exposer les raisons de sa venue. Après l'avoir écouté la veille se diriga vers une étagère où se trouvait de nombreuses fioles, boites et alambics.

<<La couture c'est ton art, voyons voir ce que moi je peux faire pour la teinture du tissus...Alors des glandes de femelle brochepelle en chaleur, c'est pour l'attraction et ça marche à tous les coups!...De l'extrait de fleur de feu pour la passion et..et une bonne dose de poudre d'illusion...ceci pour diluer le tout...et...non pas ça, on ne va tout de même pas provoquer une émeute à la soirée de ta patronne! Voilà, on a tout alors au boulot ma douce.>>

Les deux femmes travaillèrent très tard cette nuit là et bien des senteurs "exotiques" se répendirent autour de la bicoque de la veille. Au matin, la robe était prête. Sachant la magie dont elle l'avait imprégné, Yshal avait fait dans le classique et la sobrieté de peur que des esprits jaloux ne prêtent de mauvaises moeurs à sa commanditaire.
Elle était noire, à manches longues et dégagait juste un peu la naissance de la poitrine pour laisser la place à une parure.Les seules touches de couleurs étaient de fines arabesques orangées qui partaient du bas et du haut de la robe ainsi que du bout des manches. C'était somme toute assez sobre et pouvait être accompagné de plusieurs types de bijoux.Bien que simple, la tenue de soirée était très belle et sans conteste, attirait fortement le regard.

Après s'être un peu reposée et alimenté, Yshal se rendit au bastion de l'Ost et se présenta à la garde:


<<Mes hommages messires, comme convenu je suis revenu avec la robe que le Chambellan m'a commandé. Pourriez vous la faire prévenir"?>>

Posté : dim. 24 janv., 2010 10:18 pm
par Lomah de Sangre
L'Adjoint Rainer observa l'elfe et sa mémoire fit un effort colossal pour la replacer... dans le contexte.

- Ah.. voui, fut la seule chose que perçut Yshal des mots prisonniers derrière l'épaisse moustache du vieux soldat. Elle est dans la salle commune. Mais là vous la trouv'rez en plein "cours".

Que faire de cette bonne femme à oreilles pointues en attendant ? La faire attendre auprès de lui, où la faire attendre à l'intérieur? Sa présence le mettait mal à l'aise. C'est vrai quoi !? Y sont pas comme nous ces "gens".

Il grogna encore dans sa barbe, puis se décida finalement pour la seconde option.


- BILLY !

Un gamin sortit des écuries la tête encore ébouriffée de paille. C'était un des petit neveux du Sieur Egmond. Il en avait une tripotée incroyable, à croire que le sieur de Darrow essayait de monter sa propre armée pour défier le Fléau, rien qu'avec de la marmaille de son cru.

- Billy, t'vois cette dame ? Elle doit voir no't Chambellan, tu peux la conduire ?


Le gamin écarquilla les yeux.


- Le Dragon Roux !? Mais pourquoi qu'é veut ? Faut aimer les fessées pour vouloir la voir d'son plein gré !
- Tu vas t'aire , oui ! Va pas claironner ça partout ! Et le respect des supérieurs, garnement !?
- Ben quoi c'est vrai ! Elle est pas commode ! Même Mon 'onc il s'en méfie ! Et c'est quelqu'un Mon'onc !
fit le garçonnet en bombant le torse avec fierté.
- Ouais, ouais... Va m'la conduire. Tu m'feras plaisir...

Et Billy de guider Yshal tout en parlant fort à grand renfort de gestes vifs pour compter les exploits de Son Super onc' Egmond !

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- C'est fini, rendez-moi vos copies.


Je frappe trois fois dans mes mains pour appuyer mon annonce, puis rajuste mon monocle sur mon nez délicat.
Regardez moi cette bande de péquenots analphabètes mal dégrossi. : paysans illettré ou draneïs à l'accent improbable, elfes à peine sorti de l'état sauvage... Je comprends que les temps soient durs, mais nos nouvelles recrues manquent cruellement de raffinement.

A mesure qu'ils défilent devant moi pour déposer leur morceau de vélin, plus à l'aise avec une épée qu'avec une plume, je me laisse aller à l'autosatisfaction. C'est à moi qu'incombe la tâche de tailler dans cette silice pour en faire les diamants de notre armée. Oui ! OUI ! Grâce à mes doigts experts, je façonne leurs langage, leur manière de penser, leur logique, leur "être" civilisé... Je dissimule mal un soupir de contentement purement égocentrique : Hé bien quoi ?! C'est bien à l'artiste que revient tout le mérite de son œuvre, pas le contraire. Ça se saurait !

Mon regard tombe sur un des parchemins portant la dictée du jour et ma bouffée de fierté galvanisante s'essouffle comme un vieux fumeur de pipe : La partie est loin d'être gagnée à la vue de ce torchon bardé de tâche d'encre et de fautes de grammaire. A-t-on jamais vu orthographié "Lordaeron" comme un vulgaire paquet de "Lardons" ? Je vous jure...

Tiens, je ne connais pas cette élève... Mais... Un nom me revient brusquement en tête :


- Yshal, ma chère, vous êtes prompte à la tâche, j'aime ça !