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Par les voies habituelles

Posté : sam. 29 août, 2009 6:44 pm
par Dunamis
L'air d'Elwynn avait quelque chose de pur. Comme une innocence préservée, une virginité que la dureté du Fléau n'aurait pas pénétré ou déchiré. Comparé aux environs de la main de Tyr, les environs du Bastion de l'Ost semblaient loin de toute considération guerrière. Etait-ce là un mauvais point ? Pouvait on prétendre être le fer de lance d'une âpre lutte et se tenir si éloigné du coeur des conflits ? Telles étaient les pensées qui traversaient l'esprit de la cavalière qui chevauchait d'un pas léger depuis Hurlevent, en direction du fort de Nor Ladro et de ses pairs. "Combattre le Fléau. Rendre Lordaeron a ses légitimes possesseurs. Ceindre une fois encore la couronne royale sur le front de qui de droit." Les credos de cet odre qu'a présent la jeune femme allait s'évertuer à rejoindre, pour des raisons quelques peu particulières. La Connétable ne l'aurait assurément pas oubliée, tout comme la Chambellan, qui risquait d'être une sérieuse épine fichée dans ses flancs, du moins durant quelques temps. Si Aurys l'avait laissée dans l'ignorance, tout serait un peu plus compliqué que la demoiselle ne l'avait envisagé. Ceci étant, le rôle qu'elle allait jouer n'aurait rien de simple, de toutes façons.

Arrivée en bas du petit sentier qui menait aux portes et à Rainer, la cavalière mit pied à terre et caressa sa monture avant de l'attacher à la barrière de bois. D'un coup d'oeil, elle redécouvrit le bastion qu'elle connaissait déjà bien, avant de saluer d'une façon militaire les membres de la garnison y étant affectée. Ayant été membre de l'armée d'Hurlevent dans un passé finalement pas si lointain et affectée à la protection de l'édifice, elle en connaissait nombre de recoins et nombre de gardiens anonymes si souvent oubliés. Les temps avaient bien changé depuis, comme en témoignaient quelques faces qui ne savaient pas trop si la jeune femme élégamment vêtue et coiffée (non sans une certaine rigueur droite et sévère) était la petite guerrière souillon et illetrée qu'ils avaient connu. Pourtant c'était bien elle, Dunamis, qui effectuait un retour au bercail, d'une certaine façon.

Arrivée au niveau de Rainer en quelques pas, elle le salua avec le respect qu'elle avait toujours eu pour cet homme qui avait été son supérieur, avant de s'adresser à lui en souriant.


- Bonjour, Adjoint ! Enfin bonsoir, vu que le soleil est sur le déclin. Pourriez vous prévenir un des dirigeants de l'Ost de ma venue ? Pour un recrutement, cela va sans dire.

Un instant, elle avait pensé à demandé directement Aurys, espérant par le fait ne pas avoir à en découdre avec la baronne. Certes, elle était mieux armée que par le passé pour lui faire face, mais tout de même.... Mieux valait éviter ce genre d'affrontement.
Toutefois, la Connétable et elle étaient tombées d'accord ce fameux soir : par les voies habituelles.
Dont acte.

Posté : sam. 29 août, 2009 7:52 pm
par Adjoint Rainer
L'Adjoint Rainer n'avait pas tout à fait la tête à sa tâche.
La lumière du soleil déclinait, et bientôt arriverait l'heure tant appréciée où il pourrait quitter son service afin de rejoindre l'auberge de Comte-de-l'or et dîner dans une ambiance agréable. C'était là l'une de ses rares faiblesses : ces repas pris dans une ambiance festive traditionnelle, qu'il chérissait avec de plus en plus d'attention à mesure que les années passées.
Et, ce soir-là, Rainer avait particulièrement faim.

C'est donc avec un certain agacement qu'il vit s'approcher la jeune femme à la mise bien propre et qu'il écouta son annonce.

Dame, je ne sais si je trouverai à cette heure un officier qui ne soit pas en train de dîner - ce que je devrais faire moi-même d'ailleurs très prochainement. Mais je vais néanmoins m'y employer. Si vous voulez bien m'attendre...

Rainer se retourna et entra dans la Garnison, soucieux d'en finir rapidement avec cette histoire et de ne point trop passer à proximité des cuisines, qui lui rappelleraient douloureusement le vide vorace qui occupait présentement son estomac. Pour l'heure, il lui fallait trouver un officier.

Posté : sam. 29 août, 2009 8:00 pm
par Dunamis
Dunamis acquiesa de la tête, offrant à Rainer et son estomac un sourire amusé. Elle n'était pas pressée et de toutes façons, une chambre l'attendait à Hurlevent si le besoin venait à s'en faire sentir. Alors qu'elle sortait un ouvrage écorné de sa besace pour le feuilleter, elle ne pût s'empêcher de penser qu'effectivement, un bon repas serait le bienvenu. Aprés tout, Arthas et ses minions pouvaient bien attendre la fin du plat de résistance, non ?

Posté : lun. 31 août, 2009 9:11 am
par Hadjirah
Tout était trop paisible pour durer.
Dunamis attendant le retour du martial Rainer en espérant se remplir l'estomac ? Ce ne fut ni l'adjoint, ni un officier, ni un banquet qui vinrent se présenter à elle. Mais une tempête qui venait régulièrement briser le calme de l'Ost, en la personne d'une draeneï dont la haute stature et la peau sombre alliées au visag insupportablement fermé et aux yeux glacés assassins n'étaient pas sans rappeler certaines gargouilles de pierre installées le long de remparts de châteaux pour effrayer les assaillants.

La draeneï sortit du bastion, le sabot claquant sèchement le pavé, le port altier, et le regard braqué sur la pauvre Dunamis. Elle arriva à son niveau, et la toisa sans vergogne. Elle plaqua une main sur une hanche, et pointa son doigt libre en direction du visage de Dunamis, se tenant droite dans sa tenue de cuir sombre, simple mais parfaitement ajustée:
"J'espère que cette fois, vous apportez la livraison de tabard ! Vos derniers paquets étaient éventrés, il y avait des anicroches sur les brodures, j'ose espérer que ma lettre de retour vous a fait comprendre que vous ne traitez pas avec des incompétents, et que nous estimons pouvoir acheter votre ouvrage sans avoir à nous préoccuper sans cesse de vérifier vos erreurs perpétuelles. Il y a d'autres tailleurs à Hurlevent, et nous n'hésiterons pas à en changer une fois de plus."

La voix était glaciale et trainante. Sans s'emporter, cette draeneï était capable d'empreindre ses paroles d'un mépris et d'une menace sous jacente parfaitement remarquables.

Elle attendait visiblement quelque chose de sa pauvre victime auto désignée.
Elle resta ainsi figée face à Dunamis,

Posté : lun. 31 août, 2009 9:39 am
par Dunamis
Le bruit qui la tira de sa lectures entrecoupée de pensées vagabondes était un bruit qu'elle pensa pouvoir attribuer à une monture ferrée qui quitterait le bastion chevauchée par son cavalier. Par curiosité, Dunamis leva les yeux de son ouvrage et les braqua dans la direction dont le martèlement des sabots semblaient venir et arqua un sourcil lorsqu'il découvrit que l'animal en question était en fait une draenei moulée dans le cuir et offrant un monde un visage qui semblait dire "Je te crache à la face". Un individu de cette espèce à la peau autant bleuâtre que grisée pouvait il réellement arborer une telle expression ? Cette pensée se changea en grimace pincée et dicrète sur le visage de la jeune humaine qui, heureusement pour elle, avait rencontrer quelques draenei qui l'avaient écarté un peu des préjugés qui habituellement parsemaient son quotidien. De plus, elle reconnaissait cette créature cornue pour l'avoir déjà croisée accompagnant la Chambellan dans le bastion, sans toutefois être capable de se souvenir un instant seulement de son nom.
Ce fût donc une Dunamis aussi peu avenante que l'était Hadjirah qui acceuillit les propos de cette dernière en la fixant droit dans les yeux. Une fois qu'elle eut terminé, Dunamis referma dans un claquement sec son grimoire et prit à son tour la parole, sur un ton aussi agréable qu'un coup de fouet.

- Dame, si vous êtiez aussi compétente que vous cherchez à l'affirmer, vous feriez la distinction entre votre tailleur et une citoyenne lambda. Je comprends que ces artisans fassent des erreurs si l'acceuil qui leur est réservé à chacune de leur visite est aussi cordial, remarquez. Tentez d'user un peu de politesse de base et vous verrez, cela pourrais vous apporter bien plus que votre ton acerbe. A moins que cela ne soit pas à la portée de vos capacités ?

L'air était calme entre elle, mais Dunamis le savait pour avoir navigué : plus la mer est d'huile, plus vite elle vient à s'embraser. Et elle n'était pas là pour affronter une cornue dans une quelconque joute verbale, ce qui lui imposait donc de devoir faire quelques menues concessions.

- Je suppose donc que ce n'est pas l'adjoint qui vous envoie à moi. Bien, je ne vous dérangerais pas davantage, Dame. J'attends qu'un officier daigne prendre en compte mon existence, aussi je ne prendrais pas plus de votre temps qui, je n'en doute pas, doit être précieux.

Précieux ? Tu parles ! Si la femme à cornes avait le loisir de la gaspiller dans des tâches d'intendance, nul doute qu'elle n'avait rien d'autre à faire.

Posté : lun. 31 août, 2009 10:16 am
par Hadjirah
Hadjirah plissa les yeux, dévisageant la récalcitrante tailleur reconvertie en citoyenne à la manière d'un prédateur cherchant le meilleur angle pour atteindre la jugulaire de sa proie.
Malheureusement, la violence n'était pas cautionnée au sein de l'Ost. Il y avait donc fort à parier que le meurtre soit compris dans la notion de violence.

Elle plissa le nez, peu disposée à arborer un air plus agréable - si tant est qu'elle en fut un jour capable - et repris de sa voix presque dénuée d'intonation :
"Il se trouve que vous avez parfaitement l'air de ce que vous affirmer être. Une citoyenne lambda. Et que c'est l'exacte description de l'incompétente que j'attends, et qui s'avère en retard. Une erreur de trop qui devrait lui coûter sa place."

Sans se départir de sa posture droite et raide, Hadjirah reconsidéra un instant Dunamis, la dévisageant soudain comme si le peu d'importance qu'elle venait de gagner par rapport à son identité présumée nécessité d'être gravée dans la mémoire de la draeneï :
"L'adjoint Rainer fera son travail. Il cherchera un officier toute la journée s'il le faut. Mais le bastion entier s'avère plus qu'occupé ces temps cis, nous nous apprêtons à partir en campagne... Sans tabards, semble t'il."

Le contretemps de la livraison de tabard contrariait infiniment plus la draeneï que toutes les perspectives de combats à venir. Les choses ses devaient être carrées en tout point. Et aujourd'hui, ça n'était pas le cas.
"Enfin, peu importe. Je suppose que le peu de politesse de base à la portée de mes capacités nécessite une présentation satisfaisant la potentielle hôte que vous êtes ? Dame Hadjirah Saliha Lahidi. Je n'irai pas jusqu'à ajouter 'pour vous servir', ceci dit."

Elle venait sans aucun doute de faire un effort de contact humain démesuré. Ce qui n'alla tout de même pas jusqu'à adoucir son visage, chaque personne avait ses limites, celles d'Hadjirah s'arrêtaient à l'amabilité :
"Si je vous propose d'entrer vous vous rendrez compte qu'il s'agit d'un piège pour attenter à votre vie, ou vous serez assez naïve pour croire qu'il s'agit simplement d'attendre au calme, et assise ?"

Si elle venait de vaguement plaisanter, Hadjirah n'en affichait aucun signe, ne cessant de dévisager son interlocutrice sans ménagement.

Posté : lun. 31 août, 2009 11:18 am
par Dunamis
Dunamis écouta sans ciller, ne cherchant pas à répondre aux attaques plus où moins dissimulées dans les propos secs et tranchants de son interlocutrice. Elle avait donc l'air de la parfaite citoyenne ? C'était parfait, alors. Elle qui ne voulait pas se démarque plus qu'une autre avait donc atteint son but. Certes, sa toilette était élégante, mais sans fioriture. Si cela suffisait à lui dresser un premier masque, la jeune femme s'en estimait satisafaite. Loin de la vexer, les propos d'Hadjirah lui procurait davantage d'assurance.
Dans un coin de son esprit, Dunamis nota l'information que la cornue lui délivra innoncemment : l'Ost s'apprêtait à partir en campagne. Interessant. Comme l'ordre menait il ses campagnes ? Et en campagne contre qui, d'ailleurs ? Elle n'avait eu vent d'aucune opération sur les troupes du Fléau. Voila quelque chose sur laquelle elle devrait se pencher, du moins si on lui en laissait l'occasion.
Sans rien montrer de son interrogation, la prêtresse écouta la femme qui lui faisait face se présenter. Au moins cette créature avait-elle quelques notions de savoir-vivre, même si cela devait lui coûter quelques efforts qui fûrent vaguement récompensés par un sourire en coin fugace sur les lèvres de Dunamis, sourire oscillant entre satisfaction et pointe de mépris.

- Alors je ne vous répondrais pas que c'est un plaisir, Dame.

La jeune femme lui adressa un signe de tête qui devait tenir lieu de révérence et se présenta à son tour.

- Dunamis, servante de la Lumière.

Comme toujours, elle ne donna que son nom et pas son prénom. Ce n'était pas vis-à-vis d'Hadjirah, mais simplement une vieille habitude trés ancrée en elle. D'ailleurs, on ne l'appelait que comme cela et ça lui allait parfaitement.
Alors qu'Hadjirah parlait, la prêtresse réajusta sa tenue. Une fois cela fait, elle se décida à emboîter le pas saboté.

- Si meurtre il devait y avoir, sachez que je vous enfoncerais ma dague dans le ventre non sans plaisir avant de rejoindre la Lumière, Dame Saliha Lahidi. Et si vous me proposiez simplement un siège au sein du Bastion, je crois que j'arriverais à contenir mes pulsions animales le temps d'une entrevue.

Un nouveau sourire en coin, plus appuyé cette fois. Une sourire qui avait quelque chose de carnassier, de fourbe. Où était ce simplement un effet de lumière ?

Posté : lun. 31 août, 2009 12:30 pm
par Hadjirah
Hadjirah devança Dunamis à l'intérieur du bastion. Point de piège meurtrier ni de combat sanglant à l'intérieur, mais quelques sièges accueillants, et les prémices d'un futur repas commun à venir. L'endroit était plutôt silencieux, ce fameux calme avant la tempête que vivent tous les contingents armés.

Hadjirah fit signe à Dunamis de prendre place, alors qu'elle libérait un banc du poids d'une masse d'arme et d'un épais bouclier, qu'elle remit en place avec soin sur l'un des râteliers d'armes adjacents. Sans doute les objets étaient ils en sa possession :
Voilà de quoi contenir vos pulsion, Dunamis. Bien que je garde nos menaces respectives en tête comme un excellent potentiel de défouloir, je doute qu'il soit bien vu de la part d'un chevalier de l'Ost d'accueillir un visiteur par le fer. Que voulez vous. Les aléas de la politique, sans doute."

La draeneï entrepris machinalement de remettre bien droite chaque arme du ratelier où elle avait pris une place pour son propre matériel. Elle était maniaque dans ses gestes autant que dans sa tenue :
"J'irais même jusqu'à vous proposer quelque chose à boire, si vous daignez vous contenter de thé. J'en avais préparé dans l'expectative de voir arriver ma commande de tissus à l'heure. Il n'aura plus cette utilité désormais."

Ayant achevé son rangement précis, Hadjirah se retourna vers Dunamis, la fixant à nouveau sans ménagement, et passant d'un sujet à l'autre sans changer de ton. Bagatelle ou sérieux, tout pour elle semblait provoquer une permanente contrariété :
"Dunamis, m'avez vous dit ? Hrm. J'ai déjà entendu ce nom. Dans la bouche d'une... Compagne de combat. Une elfe combattante certes emportée mais tout à fait efficace lorsqu'elle ne se précipite pas au front les yeux fermés... si je puis dire. Auriez vous un quelconque lien avec elle, ou n'êtes vous qu'une homonyme de 'sa' Dunamis ?"

Les sourcils de la draeneï se détendirent un peu, lui offrant un visage d'une froideur paisible, plutôt que d'une colère glaciale... Ce qui en soit n'avait rien de plus amical, mais était peut être un début de quart de pas en avant.

Posté : lun. 31 août, 2009 1:44 pm
par Dunamis
Ainsi donc elle entrèrent et une fois encore Dunamis se retrouva à parcourir ces couloirs qu'elle connaissait déjà. D'un signe de tête rapide elle s'évertuait à saluer tout les soldats en poste qu'elle et celle qui la précédait croisaient, puis elles finirent par s'arrêter toutes deux devant une table commune, sur laquelle reposait ce qui semblait être un service à thé. Regardant la draenei ranger l'équipement qui trainait là, la prêtresse en déduisit qu'elle devait avoir à faire à une chamane, qui lui parlait, par ailleurs.
Tandis qu'elle tentait de prendre place sans accrocher sa robe aux échardes du banc de bois, Dunamis répondit, sur un ton faussement las.

- Honnie soit la bienséance, j'en conviens aisément. Il aurait pût être interessant de chercher à nous mettre mutuellement à mort, Dame Hadjirah. Gardons cette idée de côté, nous trouverons bien l'occasion de nous ouvrir joyeusement tripes et boyaux ultérieurement.

Regardant la cornue ranger avec soin son matériel de combat, Dunamis eut du mal à la cerner. Maniaquerie où esprit militaire ? Quoi qu'il en fût, la prêtresse apprécia ce point de détail. Elle avait appris à se montrer si organisée, elle aussi, et ne supportait plus le laisser-aller dans un cadre militaire. Ainsi, elle était Chevalier ? C'était un grade honorable, qu'elle espérait justifié.

- Va pour le thé, si il n'est pas aussi amer que votre acceuil. Si c'est le cas, je me contenterais d'un peu d'eau.

Lorsque la chamane se retourna, son regard croisa celui de l'humaine, tout aussi implacable que le sien. Dunamis attendait la suite, qui ne tarda pas à venir. Et qui la surprit légèrement, comme le démontra son sourcil gauche, qui se haussa. Alors Hadjirah savait "ça" ? En même temps, si elle était en relation avec Lomah de Sangre, ça n'avait rien d'étonnant.
Sans se départir de son ton neutre et un peu froid, la prêtresse décida de jouer la carte de la franchise.

- Je suis effectivement 'cette' Dunamis. Et avant que vous ne posiez la question, je n'ai plus aucun rapport avec l'elfe et ce depuis un moment. Elle fait partie d'archives que je brûlerais bien volontiers si j'en avais l'occasion. Ma venue à l'Ost est un désir propre, sans aucun rapport avec cette relation.

Là aussi elle disait vrai, mais se garda bien de s'étendre sur le sujet, qui serait de toute façon fatalement abordé plus tard. Autant repousser ce moment.
Se tenant droite sur son assise, la jeune femme aux cheveux sombres enchaîna, sans quitter sa compagne des yeux.

- Pourquoi cette question ? Simple curiosité ? Quoi qu'il en soit, mettons les choses à plat dès à présent si vous le désirez. Où, à défaut, servez moi ce thé que vous m'avez si "gentiment" proposé, voulez vous ?

C'était surtout l'idée de se faire servir par la froide chamane qui l'amusait et qui motivait cette demande, à vrai dire. Mais pourquoi passer à côté de ce petit plaisir ?

Posté : lun. 31 août, 2009 2:18 pm
par Hadjirah
Hadjirah se sépara de ses précieuses armes pour en revenir à la table, et s'intéresser au plateau à thé installé là. Elle ouvrit la théière fumante, qui dégageait déjà une odeur douceâtre, et y effeuilla une branche de menthe, avant de touiller l'ensemble à l'aide d'une fine tige argentée, le tout avec une précision chirurgicale :
"Alors si vous venez ici pour vous même et non pour Alrunee... Autant l'appeler par son nom... Vous aurez plus de chances de vous y sentir bien."

Hadjirah entrepris de saupoudrer sa mixture d'un sucre à la teinte rousse, concentrée sur son ouvrage, elle ne perdait cependant pas le fil tranchant de sa pensée ordonnée :
"Beaucoup ici lui accordent leur confiance. Moi y compris d'ailleurs, j'en suis la première surprise, mais peu importe. Mais elle va et vient à son gré, et ce n'est pas sa présence qui nous étouffe. Je pense que venir ici avec pour seul espoir de passer du temps avec elle est une erreur à ne pas commettre."

La draeneï referma alors la théière, et saisit avec une délicatesse preste et expéditive une tasse posée sur le plateau, pour venir la déposer devant Dunamis. Elle récupéra ensuite la théière, pour effectuer un service des plus précis, laissant couler le thé d'une hauteur mesurée, remplissant la tasse de l'hôte, puis la sienne. Jusque dans ce mouvement simple, ses gestes étaient maîtrisés, contrôlés. L'imaginer boire une tasse de thé sur un champ de bataille tout en distribuant des coups de masse rageur n'avait finalement rien d'improbable...

Elle s'assit alors à son tour, reposant enfin son regard polaire sur son interlocutrice :
"Quand au pourquoi de ma question, et bien oui, simple curiosité. Pour mettre d'emblée les choses au clair et ne pas laisser de vagues questions trainer dans votre sillage. Les amitiés entre les membres de l'Ost et l'extérieur ne m'intéressent pas. Mais j'aime simplement savoir à qui j'ai à faire. Et au vu de vos dires, si j'ai une question, elle serait simple. Lorsqu'Alrunee repassera par ici, car elle repassera sans doute... La brûleriez vous volontiers elle aussi?"

Hadjirah porta son thé à ses lèvres dans un geste lent, en avalant une gorgée avant de le garder entre ses mains un instant :
"Là encore la finalité de tout ça ne changera pas ma vie, et il ne s'agit encore que de curiosité."

Elle reposa sa tasse, sans lâcher Dunamis des yeux.
Elle aussi, était franche. Peut être un peu trop. Il était parfois tellement plus blessant d'entendre une vérité crue que des propos édulcorés. Mais la draeneï sombre n'avait cure des faux semblants, et suivait le chemin le plus direct entre elle et ses buts, balayant s'il le fallait sur son passage ceux qui n'étaient pas prêts à encaisser sa détermination.
Au moins Dunamis lui avait elle fait la faveur de lui répondre sans détour, et à défaut de s'attirer son amitié avait au moins limité son agressivité.

Posté : lun. 31 août, 2009 3:45 pm
par Dunamis
Dunamis regardait son hôte préparer le thé et se mit à penser qu'elle même ignorait ce genre de pratique. Préparer un thé, dresser un couvert... Ce genre de choses banales n'étaient pas à sa portée. Est ce que toutes les femmes qui combattaient étaient comme elle, où n'était elle qu'une ignorante qui ne faisait pas le poids face à des femmes comme Hadjirah ? La question la taquina un instant, puis la prêtresse se mit à observer les gestes de la draenei avec attention, brûlant de lui poser quelques questions sur ce qu'elle faisait, dans l'espoir d'un jour l'imiter.
Finalement, elle chassa ses pensées inutiles et se concentra sur ce que venait de dire la chamane. Nommer l'elfe... Oui, pourquoi pas. Quant à se sentir bien au sein de l'Ost, Dunamis s'en fichait éperdument. Comparé à l'endroit d'où elle venait, le bastion de l'Ost était un refuge de promeneur.
Aussi ne répondit elle pas et préféra continuer de suivre les actions d'Hadjirah, qui sucrait son elixir.
Puis elle répondit.

- Passer du temps avec elle.... Je ne suis pas stupide à ce point. Les fantômes de son genre sont d'une piètre compagnie. A mon humble avis, la place d'Alrunee ici est une farce, une preuve de la faiblesse de votre commandant. Un vagabond en guise de Chevalier, quelle galéjade.... Enfin, je suppose que ce genre de question ne concerne pas le bas du panier et à plus forte raisons les recrues potentielles.

Sous ses yeux, le service à proprement parler commença, toujours surveillé par Dunamis, qui semblait s'interesser plus au thé et à la façon de le verser qu'a celle qui le faisait. La prêtresse ne toucha pas encore à sa tasse, se contentant d'écouter une draenei qui s'averait relativement bavarde.
La nouvelle question prit la demoiselle en défaut. Voilà bien une interrogation qu'elle ne s'était jamais vraiment posé et un certain trouble l'agita. Elle resta un moment sans rien dire, son visage jusque là sévère changea un peu, avant qu'elle ne trouve quelque chose à répondre.

- Hm. Disons que je brûlerais certains passages de vie qui nous sont communs. Quant à la brûler elle, je doute de pouvoir le faire. Et puis, quel interêt trouverais-je à m'acharner sur une loque ? Qu'elle erre. Et si d'aventure elle venait à croiser ma route, je me contenterais de l'ignorer et d'éviter les esclandres. Si elle reparait un jour, ce dont je doute.

Constatant qu'Hadjirah avait fini par boire, elle l'imita. La gorgée chaude dévala sa gorge, laissant sur son palais un agréable goût mentholé. La prêtresse ne connaissait pas vraiment le domaine du thé, mais trouva celui-çi excellent.

- Alors votre curiosité est assouvie.

Elle s'accorda une nouvelle gorgée, fermant les yeux un instant pour profiter pleinement des arômes savamment sucrés. Un délice.
Posant à nouveau son regard sur Hadjirah, ce fût à son tour de la questionner.

- Intendance, cuisine, interrogatoire.... Qu'êtes vous ici, au juste ? Une concierge-combattante ? Une chevalier-majordome ? En tout cas, merci pour le thé. Il est excellent, même si cela me retourne l'estomac de l'admettre.

Sourire en coin, à nouveau. Cette fois çi plus amusé et léger que les précédents, toutefois.

Posté : lun. 31 août, 2009 4:43 pm
par Hadjirah
Hadjirah avisa un instant son invitée impromptue avaler son thé et signifier sa satisfaction. Elle se perdit un instant dans les méandres de ses pensées, se demandant si une demoiselle peu agréable mais capable d'apprécier du thé et de proposer un éventrement mutuel en bonne et due forme pouvait être tout à fait inintéressante ou méritait quelques instants de plus de son attention...
Elle lui répondit cependant avec une sécheresse certaine, au sujet d'Alrunee :
"En effet, juger un gradé de l'Ost n'est pas de votre ressort. Mais je suppose que n'étant pour le moment entre nos murs qu'en tant qu'invitée, vos propos n'engagent que vous, d'autant qu'aucun n'officier ne se charge encore de votre entretien personnel. Mais sachez seulement qu'Alrunee, quelle que soit sa valeur réelle, est estimée au sein du bastion. Ce n'est ni un conseil, ni un ordre à votre encontre. Simplement une information, vous en ferez ce que vous voudrez."

Le sujet ne passionnait visiblement pas la draeneï outre mesure. Du moins était ce l'impression qu'elle voulait faire passer.

La dernière question de Dunamis la pris cependant au dépourvu, la ramenant à la réalité :
"Qui je suis ?"

Hadjirah marqua un temps de pause. A vrai dire, depuis son arrivée, c'était sans doute la première personne à lui poser cette question, tout en attendant une réponse :
"Je suis effectivement un chevalier de l'Ost, à qui je prête mes armes lorsque c'est nécessaire. Qu'elles soient brutalement métalliques..." Elle lança un regard entendu à l'épaisse masse remise en place sur le râtelier d'armes, avant d'en revenir à Dunamis : "Ou plus éthérées."

Elle pratiquait donc sans doute quelque magie... à défaut d'en parler respectueusement.
"Pour le reste, je suis, en dehors de mes heures de service, la secrétaire de la baronne de Sangre, le chambellan de l'Ost. Et lorsqu'il me reste du temps, j'assiste notre trésorier dans ses comptes, dont le volume s'épaissit au fil des mois. C'est auprès de la première que j'ai pu acquérir quelques capacités d'intendance et de réception, et du second que j'ai développé l'art de la question plus ou moins... violente."

Elle sembla aviser la masse de responsabilités qu'elle s'était elle même assignées. Un volume bien trop important pour une seule personne, à vrai dire, qui rognait ses nuits de sommeil... Mais avait l'intérêt d'emplir en permanence son esprit de préoccupations diverses.

La draeneï ne s'émut pas le moins du monde au vu de ses états de service, et continua simplement, toujours sans se dérider le moins du monde :
"Je suppose qu'il ne vous en sera pas demandé autant si vous désirez rejoindre l'ordre, et en avez la possibilité... Simplement de savoir vous battre, je suppose. Ou à défaut, d'en apprendre les rudiments et de faire barrage de votre corps en première ligne."

Elle avisa Dunamis avec tout le sérieux du monde. L'idée avait été évoquée souvent, entre elle et le trésorier, mais ils n'avaient jamais pu convaincre la connétable de l'intérêt de boucliers vivants en première ligne.
Peut être qu'avec des volontaires commis d'office, la question pourrait elle être reconsidérés...?

Posté : lun. 31 août, 2009 6:29 pm
par Dunamis
- Vous avez raison, j'ai dépassé la limite en tenant ces propos sur l'Ost. Certains m'auraient fait mettre au fer pour moins que cela et à vrai dire, je suis de ceux-là. Je prends note de l'information, même si elle ne changera pas mon idée au sujet de l'elfe. Et qu'importe, aprés tout. Je ne suis pas là pour parler d'elle, mais bel et bien de moi.

Bien qu'Hadjirah semblait indifférente à ce sujet, elle s'attardait trop dessus pour qu'elle n'ait pas son propre avis, de près où de loin. Décidement, Alrunee avait plus d'estime auprès de ses pairs que la prêtresse ne l'aurait deviné. Cela ne changeait rien pour Dunamis, même si cela soulevait quelques interrogations, que la jeune femme mit rapidement de côté. Ce n'était pas le sujet et si cela continuait, elle finirait par perdre patience. Elle avait autre chose à faire que d'écouter des divagations insignifiantes.
Heureusement, Hadjirah préféra répondre à la question qui lui avait été posée et Dunamis écouta en savourant une nouvelle gorgée de thé. Le moins que l'ont pouvait dire, c'est que la femme à cornes était polyvalente, et qu'elle devait jouir de bien peu de temps libre. Secrétaire de la baronne des Arcanes de Sangre.... Une nouvelle information à noter dans un coin de son esprit.
La fin du monologue de la draenei ne parvint pas à surprendre Dunamis. Si Hadjirah avait sut qui elle était, cela n'aurait rien eu d'étonnant.

Une fois la tasse vidée, l'humaine la reposa avec douceur sur la table et fit délicatement claquer sa langue pour profiter des derniers arômes qui déjà disparaissaient de son palais.

- M'est avis que multiplier les rôles est la meilleure façon de s'égarer de sa voie, Dame. Et vos cernes se voient légèrement, par ailleurs. Enfin, je suppose que cela vous satisfait.

Elle fixa un moment Hadjirah avant de balayer la pièce du regard et de reprendre.

- Je sais me battre, et le cas échéant je servirais de fantassin sacrifiable si on venait à m'en donner l'ordre. J'ai appris à obéir, croyez le bien. Un soldat de la Lumière doit accepter son destin, même si celui-çi est un chemin pour le billot. La Lumière reconnaitra les siens, aprés tout.

Lorsqu'elle parlait de lumière, la brunette semblait pourvue d'une foi inébranlable en cette dernière. Un certain fanatisme (où un fanatisme certain, c'est selon) qui ne semblait pas connaitre de limite.

- Bien. Je ne voudrais pas paraître impolie, mais j'aimerais savoir si quelqu'un pourrait éventuellement me recevoir. Sauf votre respect, je ne suis pas venue à l'Ost pour parler couture et juponnage. L'heure tourne et j'aimerais savoir si je dois prendre congé et revenir plus tard. Vous avez sûrement quelques pièces à extorquer où quelques langues à délier avec votre délicatesse appréciable, aprés tout.

Même si il y avait là un trait d'humour, le message était clair.

Posté : jeu. 03 sept., 2009 11:14 am
par Aurys
Rainer avait fini par retrouver la Connétable dans ses quartiers. Cette dernière était penchée sur une missive qui semblait la rendre perplexe, et jouait avec un médaillon en forme d'étoile à cinq branches que le vieil adjoint ne lui avait encore jamais vu. En bon soldat, néanmoins, Rainer se contenta de toussotter pour signaler sa présence.

Connétable, une jeune femme est arrivée à la Garnison. Elle se nomme Dunamis, et je crois que vous la connaissez déjà. Elle a évoqué le souhaité d'être recrutée par notre ordre.

Aurys leva mollement la tête de son courrier, et mit quelques instants à se rendre compte de qui lui parlait et sur quelle planète elle se trouvait. Puis, comme si elle avait fini par faire le point sur ces questions fondamentales, elle se redressa et contourna son bureau, fourrant lettre et bijou dans l'une de ses poches.

Merci, Rainer. Je m'y rends de ce pas.

Aurys s'attendait à trouver la jeune femme à l'entrée de la Garnison, mais c'est en pleine discussion avec Hadjirah qu'elle la croisa finalement. Soucieuse de ne point trop laisser l'assassine draeneï au contact d'un élément qui pourrait s'avérer prometteur, la Connétable franchit rapidement les quelques pas qui la séparaient de Dunamis pour venir la saluer.

Ravie de vous voir ici, je désespérais d'avoir de vos nouvelles, fit-elle d'une voix égale. J'ai entendu dire que vous étiez prête à faite le grand saut ?

Posté : jeu. 03 sept., 2009 5:55 pm
par Dunamis
Alors même qu'elle venait d'achever sa dernière phrase à l'attention d'Hadjirah, Dunamis vit arriver Aurys. Le brave Rainer avait fait le nécéssaire et la prêtresse l'en remerciait intérieurement. Pas que la compagnie de la draeneï la rebute (du moins pas plus que si elle était infectée par la Peste), mais le temps tournait et Dunamis avait en tête d'autres façons de vouloir le dépenser.
Sans perdre de temps mais sans précipitation toutefois, la jeune femme se leva de son siège et retint un salut purement militaire avant de se contenter d'une révérence un peu maladroite. Une fois le buste à nouveau droit, elle prit la parole à son tour.

- Connétable, je suis ravie d'être également présente. Je vous prierais de pardonner ma lenteur à me présenter à vos portes, mais mes obligations m'ont retenue plus longtemps qu'il ne l'aurait fallu. Les temps sont durs... Passons. Comme vous l'avez dit, je suis prête à faire le grand saut, oui.

Son ton avait été neutre et faisait passer ses excuses comme de la simple politesse dont aucune émotion ne transparaissait. Le côté formel de la chose était net et aurait facilement pût être agacant.

- Désirez vous que nous mettions à plat certaines choses concernant mes "motivations" avant que nous ne parlions de la partie administrative ? Sauf votre respect, je désire que tout soit d'une transparence exemplaire, pour vous comme pour moi. Inutile, je pense, que je vous rapelle pourquoi.

Froide, formelle et autoritaire. Son ton était à la limite de l'insubordination, tout comme le regard qu'elle adressait à la Lordaerienne. Pourtant, les frontières n'étaient pas franchies, donnant ainsi le ton.
Aurys savait de quoi il retournait, aprés tout. Restait tout de même à savoir ce qu'elle aurait à dire.