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[Candidature acceptée] Sizreïs, mec !

Posté : mar. 25 oct., 2011 10:04 am
par Sizreïs
- Ch'valiers du Pourpre gong,
Goûtons voir si le vin est bon.
Ch'valiers du Pourpre gong,
Goûtons voir si le vin est bon
Goûtons voir, oui, oui, oui,
Goûtons voir, non, non, non,...



Ainsi avançait, en beuglant à tue-tête, la silhouette dégingandée de Sizreïs dite la "Rouge-Gorge". Cette grande brunette à la peau burinée par une exposition prolongée au soleil portait ses cheveux noirs à la diable, vaguement contenus par un cordon de cuir brun en queue de cheval. Elle était habillée de bric et de broc, mais avec ce genre de bordel organisé qui sied aux esprits dirigés par une logique qui leur est propre. Cependant, elle semblait avoir soigné sa mise plus qu'à l' accoutumée. Sa chemise était propre et ses manches retroussée laissaient voir de sinueux tatouages lui courant le long des bras - des fleurs carnivores. Elle s'était débarbouillée le visage et les mains et ses bottes , sans être cirées, n'était plus crottées. Une dague de belle facture lui battait le flanc et une canne à pêche gravée à son nom était accrochée à son dos à coté d'un baluchon de voyage.
Elle mâchouillait une arrête de poisson qui lui faisait figure de fil dentaire.

- ... Goûtons voir,
Si le vin est boOOOOOooOOOOn !


Fièrement elle se campa devant l'Adjoint Rainer avec un grand sourire : elle avait les incisives avant de la mâchoire supérieure légèrement écartées.

- B'jour , m'sieur l'Adjoint ! C’est pas pour du tir au flanc ce jourd'hui ! J'viens pour candidatiturer !
fit elle tout de go.

Posté : ven. 28 oct., 2011 9:09 pm
par Adjoint Rainer
Depuis quelques semaines déjà, Rainer devait subir les gamineries effrontées de Sizreïs.

Non pas que la jeune fille n'y mette pas du sien. Même avec son impeccable mauvaise foi, l'Adjoint avait dû admettre que la gilnéenne faisait preuve d'application - d'une application brouillonne, certes, mais d'une application quand même. Des améliorations avaient été constatées, tant sur la tenue que le port, mais il faudrait encore un peu de patience pour la façon de s'exprimer. Rainer ne s'expliquait pas pourquoi on acceptait que la jeune fille passe autant de temps à proximité de la Garnison. Il avait même vu le chevalier Merath procéder à quelques séances d'entrainement martial avec elle. Mais force était d'admettre que Sizreïs faisait des efforts, quel qu'en soit l'objectif.


Pourtant, c'est avec une certaine surprise qu'il entendit parler de "candidatiture".

Tu es sûre, gamine ? Ce ne sera pas comme de jouer au chevalier avec l'autre andouille. C'est pour de vrai, ce coup-ci. T'as l'estomac ?

Des pas s'approchaient, et Rainer se retourna vers eux, prenant à parti le nouveau venu en attendant son opinion sur le sujet.

Posté : sam. 29 oct., 2011 12:38 am
par Slade
Slade sortait du Bastion d'un air contrit. Non pas qu'il avait un quelconque soucis, mais voila : c'était pour le nain le genre de jour où vous avez tout à fait l'impression que vous vous êtes levé du pied gauche, que votre karma est dans la zone rouge, que votre billet de loterie ne vous apportera pas un rond. Bref, le nain était dans une de ses sempiternelles phase de grogne gratuite. Son ours sur les talons, il avait donc décidé de s'oublier un peu dans la chasse, et puis pourquoi pas d'arriver à ramener autre chose que le cadavre d'un lapin à moitié dévoré par les coyotes.

Aussi marmonna-t-il dans sa barbe lorsqu'il entendit de loin la jeune fille parler de "candidatutration" et qu'il vit Rainer se retourner et l'apercevoir.



-[Nain] J'savais bien que c'était une foutue journée, dix pièces d'or que ca va m'retomber sur la gueule...

Posté : sam. 05 nov., 2011 1:10 pm
par Sizreïs
J'fronçais les sourcils qu'j'avais bien fourni. Fallait pas m'prendre pour une buse.

- Sauf' ton respect l'Adjoint Moustache, ch'rais pas là si j'avais les foins. La merde j'en ai bouffé et j'm'débin'rais pas ! Chais l'gôut qu'ça a. Chais aussi où j'mets les pattes et j'compte pas r'culer.

J'le défiais du r'gard quand un drôle de p'tit bonhomme baragouinant dans sa barbe déboula sur le parvis. Y'eut un genre d'flottement. Et pis, dans l'doute d'savoir qui j'avais en face d'moi, j'ai fait un salut militaire standard. Genre. Passe partout quoi.

- Salut, mec !

Bon ça c'tait ptêt superflu...

Posté : dim. 06 nov., 2011 12:57 pm
par Adjoint Rainer
Parfois, le hasard faisait bien les choses. Ne sachant trop comment il aurait pu débattre avec la jeune fille, qui semblait particulièrement motivée, Rainer trouva promptement une personne apte à le faire à sa place - ou, du moins, qui avait la malchance de se trouver là au mauvais moment.

Ha, Lieutenant Fusil-de-Bronze ! lança l'Adjoint d'une voix si amicale qu'elle ne pouvait qu'inquiéter quiconque le connaissait un tant soit peu. J'ai quelqu'un pour vous, une candidate. Une personne de votre rang est à même de juger de son intérêt pour l'ordre, n'est-ce pas ?

Rainer s'écarta, laissant du même coup le natif de Forgefer et la gamine de Gilneas face à face.

Posté : mer. 09 nov., 2011 7:42 pm
par Slade
Slade se passa la main sur le visage. Cette journée était définitivement à rayer de sa mémoire.


*d'un ton bourru* -Ouais, bon, suis-moi gamine. On va causer à l'intérieur.

Et le nain de retourner d'où il venait, sans vraiment se soucier de savoir si l'humaine le suivrait.

Après tout, ca n'était qu'un petit élément d'une journée qu'il trouvait désastreuse.

Posté : jeu. 10 nov., 2011 12:10 am
par Sizreïs
Le p'tiot a pas l'air décoincé du bulbe. L'a la barbe qui frisouille tellement ça l'emmerde d'êt' là. Mais bon qu'à c'la n'tienne ! Chuis pas là pour m'débiner. J'le suis d'un bon pas vers l'intérieur. Un coin qu'j'ai déjà eu l'plaisir d' squatter.

Posté : lun. 21 nov., 2011 1:52 pm
par Falstaf
Dans la grande salle, près du feu qui crépitait, un homme se tenait, offrant sa main unique aux flammes qui réchauffaient son vieux corps fatigué. Bien que d'une allure altière, avec sa silhouette longiligne et son regard toujours aussi vif, le baron Falstaf de Winhler commençait à sentir le poids des années. C'est qu'il n'était déjà pas un jeune jouvenceau, quand il avait débuté son périple avec son parterre de collègues magiciens, à la recherche d'une nouvelle façon de voir l'avenir. Il en avait fait du chemin, depuis, avec de beaux succès, et des revers tout aussi éclatants. Et à présent, il se tenait là, dans un entre deux pas toujours difficile à négocier, à se demander s'il était une relique d'un passé voué à s'éteindre ou, à l'inverse, au début d'une nouvelle aventure.


C'est sur cette haute silhouette que tombèrent Slade et Sizreïs en arrivant dans la salle commune, et l'improbable duo fut bien vite accueilli par l'ineffable sourire de l'alchimiste.


Hé bien Lieutenant, je ne vous savais pas homme de goût, fit le baron en appréciant la musculature noueuse de la jeune femme, moins en esthète qu'en connaisseur méticuleux de l'anatomie des êtres.

Posté : lun. 28 nov., 2011 3:59 pm
par Sizreïs
J'r'luquais le vieux crouchaillon qui occupait tout l'espace d'vant la ch'minée. L'aurait pu être mon vieux. Il avait du êtes beau dans sa jeunesse. Ouais... mais maint'nant l'avait plus d'bras !

J'arrivais pas à détacher mon r'gard d'la manche repliée jusqu’à l'épaule du gars. Sous l'tissus couteux cherchais l'moignon hideux, coupé raz...


- Hé bien Lieutenant, je ne vous savais pas homme de goût...

- Hey mec ! Comment qu't'as scié ton truc là ?! ça fait mal ?


J'ai percuté qu'après qu'il m'avait fait un compliment. J'ai rougi bêtement sous mes cicatrices jusu'à la racine d'ma tignasse. merde si c'était un off' qu'j'connais point ?! J'avais grave merdé là !

- J'veux dire, M'sieur. Enfin.. euh... Z'êtes pas obligé d'répondre...sauf vo't respect d'me plus plates excuses d'condoléances.

Tout un tas d'formules savantes d'politesse se bousculaient dans ma caboche trop p'tite.

Posté : mar. 06 déc., 2011 11:42 pm
par Falstaf
Falstaf sourit de plus belle, dévoilant des dents impeccables sous sa moustache finement brossée. Se détournant du feu, il approcha de Sizreïs. Une plébéienne, de la plus basse extraction. Un matériau brut, mais pas inintéressant. L'intérêt du savant était de nouveau éveillé, après un passage à vide indigne de lui. Il s'avança donc un peu plus près, sa haute stature surplombant la gilnéenne avec la sereine assurance de l'oiseau de proie supervisant la vie des habitants cloués sur ce triste sol.

Lieutenant, lança-t-il à Slade, je me propose de vous décharger de la tâche de conduire cette jeune femme à un officier. Je devais justement rencontrer la Connétable pour aborder quelque sujet d'importance. Ce sera l'occasion de conduire votre invitée devant elle.

Constatant l'intérêt impudique de Sizreïs pour son bras absent, l'alchimiste prit soin de ne pas le décevoir.

Je vous raconterai cette histoire à l'occasion, si vous parvenez à entrer dans nos rangs. Inutile de dire que ça ne manque pas de piquant.