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[Candidature acceptée] Frerindis
Posté : sam. 20 mars, 2010 11:05 pm
par Frerindis
Une fraîche soirée de printemps, devant les portes de la Garnison.
Fidèle à son poste, l'adjoint Rainer attendait devant les portes du bastion de l'Ost Pourpre. Il remarqua soudain un mouvement sur la route, puis un bêlement significatif. Ainsi qu'il l'avait deviné, un bélier s'avançait lentement vers le bastion, puis s'arrêta à sa hauteur. L'animal secoua la tête vigoureusement, comme fatigué par une longue route. Puis, comme venant des entrailles même de la bête, une voix s'éleva:
"Hé l'moustachu d'en bas! J'cherche un gars d'chez vous, p'têt ben qu'vous pourrez m'aider! Y s'appelle... euh.. Conrad! Nan c'est pas ça... Cond'âne... euh, ah mais j'lavais en tête! Ah oui! C'est Comame! Voilà! Y s'rait pas dans l'coin par hasard?"
Posté : dim. 21 mars, 2010 11:04 am
par Adjoint Rainer
Si Rainer avait survécu tant d'années à des postes particulièrement difficiles, il le devait en partie à ses sens affinés à l'extrême, qui le prémunissaient contre toute mauvaise surprise. Ainsi, avant même de voir ou d'entendre le bélier approcher, il sentit la bête qui remontait le chemin menant à la Garnison. Une odeur de foin mouillé, mêlée d'un subtil fumet à l'origine aisément définissable, le tout couvrant une entêtante senteur ambrée dont il était difficile de déterminer si elle provenait de l'animal ou de son propriétaire.
Obligé de lever la tête pour regarder le nain dans les yeux - un comble ! - l'Adjoint répondit sur le même ton.
Vous devez parler du jeune Cönan. Il est consigné dans nos murs, sur ordre de la Connétable. Mais je peux le faire venir, s'il ne va pas plus loin que le perron.
D'un signe, Rainer intima l'ordre à une sentinelle d'aller chercher le page, avec en tête la fort peu charitable intention d'assister à une scène d'humiliation collective.
Posté : lun. 22 mars, 2010 8:45 am
par Kothran
*Cönan était resté enfermé durant trois jours déjà, et malgré une escapade ou deux dehors, il en avait plus qu'assez d'être cloisonné à la garnison, et maintenant, à l'infirmerie. Il profita du fait que son infirmière s'assoupit pour monter discrètement sur le toit, mais un garde l'interpella lorsqu'il allait arriver à destination. Le guerrier était prêt à courir pour pouvoir prendre l'air ne serait-ce que quelques secondes, mais la remarque de la sentinelle le troubla.*
"Monsieur, on vous demande à la porte."
*Qui est-ce que ça pouvait bien être? La connétable? Non elle l'aurait fais demander dans son bureau... Odeline? Non elle serait venu le voir tout de suite, et aurait remarqué sa disparition, ce qui voudrais dire que le garde aurait sauté sur Cönan pour le ramener à sa place.
Perplexe Cönan se rendit aux portes de la garnison, de toutes façon il allait s'aérer l'esprit.
Soudain, il aperçut la naine de l'autre soir, celle qui avait perdu ses fils, il se souvenait à présent que les recherches s'étaient révélées infructueuse, la zone de recherche étant bien trop étendue. Il s'inclina puis se décida enfin à ouvrir la bouche.*
"Bonjour, vous m'avez fait demandé?"
Posté : lun. 22 mars, 2010 3:32 pm
par Frerindis
Dès que Frerindis vit Cönan approcher, elle descendit de son bélier. Elle n'aimait pas parler aux gens de haut. Elle rajusta son fusil sur l'épaule, toujours prêt à servir et quand l'homme fut à sa hauteur leva les yeux sur lui:
"Ben alors! Vot' mère vous a pas appris la politesse?! Quand t'vous jurez queque chose faut l'faire et s'y t'nir. C'est comm'ça. J'voudrais ben savoir si z'êtes compétent ou pas, qu'je m'plaigne à vot' patronne. Les avez r'trouvés alors, mes fistons ou pas?"
Posté : lun. 22 mars, 2010 7:31 pm
par Kothran
*Cönan serra les dents, il ne fallait pas s'énerver, elle ne pouvait pas savoir... Le guerrier souffla un grand coup puis lança :*
"Premièrement, sachez que quand je fais une promesse, je la tient.
Aussi, nous avons cherché vos fils mais les fouilles ne sont pas encore finies, le peu d'hommes que j'ai pu envoyé sur place sont débordés mais font néanmoins du mieux qu'ils peuvent. S'ils les retrouvent, je serai informé, ainsi que vous bien évidemment."
Posté : mer. 24 mars, 2010 11:59 am
par Frerindis
Après que l'homme eu débité son discours sans respirer, Frerindis haussa les sourcils. Visiblement la grande blonde ne lui avait pas refilé le bon numéro.
"Bon 'coutez le p'tiot, c'est pas cont' vous, mais faut qu'on discute ent' grandes personnes. Où c'est qu'elle est vot' chef que j'lui cause deux minutes? "
Puis se tournant vers l'adjoint Rainer, elle ajouta:
"Allez donc voir si j'peux pas lui causer un peu, ça prendra pas longtemps."
Posté : mer. 24 mars, 2010 5:37 pm
par Kothran
*Cönan fit demi tour vers la garnison en soupirant, visiblement énervé...*
Bonne journée quand même...
Posté : jeu. 25 mars, 2010 3:06 pm
par Frerindis
L'adjoint Rainer et Cönan étant partis, Frerindis se retrouva seule devant les portes de la garnison. Une fois de plus, personne ne l'avait invité à entrer. Son bélier, attaché un peu plus loin broutait gentiment l'herbe. Les oiseaux chantaient. Le soleil inondait à présent la vallée.
Et Frerindis s'ennuyait sec.
Un coup d'oeil à gauche.
Un coup d'oeil à droite.
Un coup d'oeil en haut (on sait jamais).
Frerindis s'engouffra dans la garnison, un sourire espiègle sur les lèvres.
"Voyons voir c'qu'ils cachent là d'dans."
Posté : dim. 28 mars, 2010 9:55 pm
par Doreane
Doreane adorait sa nouvelle vie en tant qu'écuyère de l'Ost Pourpre, vraiment. Le combat, la gloire, l'honneur, la camaraderie, l'aventure... La garnison du ruisseau de l'Ouest avait tenu toutes ses promesse, voire même plus.
Cependant, elle ne pouvait se défendre d'y trouver quelques désagréments, comme par exemple le fait que certaines personnes confondaient régulièrement recrues et larbins. Elle comprenait tout à fait que des transferts de vivres soient nécessaires entre le bastion et leur donjon en Norfendre, et qu'il faille soutenir l'effort de guerre des pauvres soldats exilés dans cette lointaine et hostile contrée. Mais fallait-il vraiment que ce soir ELLE qui se coltine le déménagement des montagnes de vivres du sous-sol jusqu'aux chariots de ravitaillement qui attendaient devant la porte?
Elle avait bien essayé de faire valoir qu'elle n'était qu'une frêle jeune femme aux capacités physiques limitées, mais bizarrement l'argument n'avait pas eu l'effet escompté.
Bien décidée à expédier au plus vite la corvée elle s'était chargée au maximum, et c'est en chancelant et avec un angle de vision très réduit qu'elle tenta une première sortie.
Et buta dans un obstacle qui n'était pourtant pas censée se trouver là. Elle s'étala de tout son long en poussant force jurons et regarda d'un oeil navré un sac de haricot répandre son contenu dans tout le hall.
Levant encore un peu la tête elle découvrit enfin la responsable de ce désastre, en la personne d'une naine inconnue au bataillon, excellente cible pour déverser sa frustration.
"Mais c'est vraiment pire qu'un moulin ici! Vous êtes qui vous? Qu'est-ce que vous faites au milieu du passage? Aidez-moi à ramasser tout ça maintenant!"
Posté : lun. 29 mars, 2010 2:37 pm
par Frerindis
A peine Frerindis avait-elle fait quelques pas dans le donjon qu'elle tomba nez à nez avec une montagne de sacs. Montagne qui s'effondra subitement sur elle. Frerindis avait HORREUR que des choses lui tombent sur la tête (et quand vous faisiez à peine plus d'1m20 c'était chose courante). Pour couronner le tout, la responsable de ce douloureux (les haricots, ça pèse) désagrément commença à hausser le ton, la prenant pour responsable. Frerindis renifla bruyamment.
"Alors d'abord ma p'tite, si vous avez mal fait vot' boulot c'est vot' problème. Ensuite si z'êtes pas assez futée pour vous douter qu'en portant autant d'trucs sur vous z'allez pas voir où qu'vous mettez les pieds, c'est encore vot' problème. Quand à savoir pourquoi qu'chui ici à m'recevoir des trucs sur la tête, c'est MON problème."
Et sur ces bonnes paroles, Frerindis enjamba le tas de haricots, passa dans la grande salle et commença à grimper les marches.
Posté : lun. 29 mars, 2010 4:53 pm
par Doreane
Devant cet intolérable culot la mauvaise humeur de la voleuse monta de 10 crans d’un coup. Certes elle n’avait pas été un parangon d’amabilité, mais ça ne donnait pas aux gens le droit de remettre en cause son sens de l’organisation, et encore moins de se promener dans SON bastion comme dans leur salon.
Voyant que la naine lui tournait le dos elle se releva d’un bond et envoya d’un geste vif l’un de ses petits couteaux de lancer siffler suffisamment près de son oreille pour lui faire comprendre que le prochain ne la raterait pas.
« Restez où vous êtes ! Personne n’est autorisé à rentrer ici sans être accompagné d’un membre de l’Ost. Si vous faites un pas de plus j’appelle la garde et je vous fais jeter au cachot. C’est une garnison militaire ici pas un lieu touristique ! »
De légèrement énervée son intonation était devenue glaciale, il ne s’agissait plus d’une bête mésaventure d’intendance mais d’une intrusion illégale dans un lieu (normalement) hautement sécurisé, et sa menace était on ne peut plus sérieuse…
Posté : lun. 29 mars, 2010 10:27 pm
par Frerindis
Frerindis sentit la lame du couteau passer tout près de sa tresse. Elle balança un instant entre deux décisions. Elle hésitait entre: 1-Siffler un coup pour appeler sa bête et laisser la fille et l'animal se débrouiller entre eux ou 2-Se retourner et balancer ce qui restait du reste de haricots partout par terre.
Frerindis hésita. Elle se machouilla la lèvre, puis opta pour la troisième solution (bien que la n°2 l'ait beaucoup tenté)
Elle se retourna vers la fille:
"Une garnison? D'l'organisation?! Et bien dans c'cas montrez qu'z'êtes plus efficace qu'vos p'tits amis et allez m'trouver cette blonde qu'vous sert d'chef! J'ai d'jà eu droit à deux gugus qu'ont pas été fichu d'm'aider, alors hein, pour l'organisation ç'vaut autant qu'une crotte de bouque! Faut 'rêter d'prendre les nains de haut! Et l'prochain qu'ose me dire qu'j'peux pas faire ci ou ça j'te lui colle le coup d'bock qu'y mérite!
Et ben qu'est-ce vous faites encore au milieu d'vos haricots?! Allez m'la chercher! MAINTENANT!"
Posté : mar. 30 mars, 2010 2:08 pm
par Doreane
Sidérée, Doreane écoutait la demi-portion qui lui faisait face déblatérer avec une totale inconscience de la situation sur l’incompétence des membres de l’Ost (sur ce point jusqu’à présent on ne pouvait pas lui donner tout à fait tort), et exiger qu’on aille lui chercher Aurys. Pour un peu elle aurait cru voir Grimdor avec des nattes lui pointer le doigt sous le nez en taxant le monde entier de racisme anti-nain – tous les membres de cette race cultivaient-ils le même complexe d’infériorité ? Et quel dieu avait-elle bien pu offenser aujourd’hui pour mériter pareille punition ?
Dans la mesure où elle ne pouvait plus régler ses problèmes relationnels par une dague empoisonnée délicatement appliquée, elle se rendait compte que la hargne naturelle d’Hadjirah ou la méchanceté corrosive de Lomah étaient des atouts qui manquaient cruellement à son arsenal. Elle se contenta donc de répondre lentement, en articulant bien, comme on le ferait pour un enfant un peu simplet, espérant qu’un brin de raison pénétrerait enfin l’esprit de son interlocutrice.
- Par « cette blonde qu'vous sert d'chef » j’imagine que vous entendez notre connétable, Dame Aurys de Nor Laedro. Comme c’est original. Il se présente ici tous les jours des dizaines de gens qui espèrent obtenir un entretien, et vous croyez qu’il suffit de vous pointer ici comme une fleur pour la voir ? En violant l’entrée de son bastion qui plus est ? Alors voilà comment ça va se passer : vous allez vous présenter et m’expliquer le motif de votre visite, et ensuite j’irai chercher soit notre connétable, soit, ce qui est plus probable, un autre officier capable de répondre à votre demande. Et en attendant vous allez me suivre dans notre salon réservé aux invités, vous asseoir et n’en plus bouger jusqu’à ce qu’on vienne vous chercher. Si un seul des points énoncés ne vous convient pas, je vous raccompagne à la sortie. Et il n’y a rien là-dedans de négociable.
Espérant intérieurement que la naine était venue réclamer de l’argent afin qu’elle puisse refiler le cas à leur cher trésorier qui saurait certainement lui faire regretter d’avoir jamais mis les pieds dans la forêt d’Elwynn, elle indiqua une porte sur la gauche et attendit de voir si la fâcheuse allait se décider à respecter les règles – ou si elle allait vraiment devoir appeler la garde pour s’en débarasser.
Posté : mar. 30 mars, 2010 10:15 pm
par Frerindis
Décidément, les gens adoraient la parlotte dans ce bastion. Frerindis en était désormais persuadée. S'asseoir, prendre le temps, discuter, et bla et bla et bla. Frerindis préférait largement se prendre une chopine, un bon fusil, quelques balles et aller voir galoper du sanglier. C'était une saine activité. Frerindis n'aimait pas vraiment parler. Et elle aimait encore moins se répéter. Mais comme le bastion semblait désert de toute compétence, il fallait bien qu'elle y mette un peu du sien. Elle alla donc s'asseoir gentiment sur une des chaises que la fillette lui avait montré:
"J'veux ben raconter tout ça une fois d'plus. Mais je veux ben aussi une chopine. Y fait soif."
Posté : mer. 31 mars, 2010 1:50 pm
par Doreane
La réponse de la naine arracha à Doreane son premier sourire de la matinée, parcequ’elle était soulagée de ne pas avoir à créer un esclandre et parce que décidément les nains avaient tous le même sens des priorités.
-Restez là je vais voir ce que je peux faire.
Remettant à plus tard le rangement du foutoir qu’elles avaient laissé dans le hall elle alla farfouiller dans les cuisines jusqu’à dénicher une choppe et un tonneau de bière, se servit un verre de vin (c’est très malpoli de laisser les gens boire seuls), et retourna chargée de son butin dans le salon où l’attendait leur curieux visiteur.
- Voilà. Bon, reprenons. Je m’appelle Doreane et je suis écuyère de l’Ost. Qui êtes-vous et en quoi pouvons-nous vous aider ?