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[Candidature acceptée] Egmond
Posté : jeu. 11 juin, 2009 9:55 am
par Egmond de Darrow
D'une démarche toujours droite et fière, malgré son âge, caractéristique du soldat qu'il était, Egmond de Darrow, vêtu de son armure sombre et tenant par la bride Isil, son compagnon de bataille depuis une dizaine d'années, parcourait le sentier pavé de la forêt d'Elwynn. Il rencontrait de temps à autre une sentinelle d'Hurlevent, qu'il saluait poliment au passage. Les Evènements de ces derniers jours avaient été éprouvant, mais c'était en homme calme qu'il foulait de nouveau les terres qui lui avaient offert accueil et protection quelques années auparavant.
Au matin, il avait laissé sa famille dormir dans le Quartier des Mages, pour sortir de la ville et rejoindre la Garnison du Ruisseau de l'Ouest.
"Si seulement ce borné de Vestar avait attaqué le flanc droit au lieu de charger de front, comme je le lui avais ordonné, les choses auraient pu être différentes" Rumina Egmond en tortillant ses doigts dans sa barbe.
C'avait été une erreur que de promouvoir ce jeune homme cavaleresque et bercé de récits épiques. Trop impétueux, trop confiant... trop jeune. Egmond secoua la tête et se força à oublier. Sans succès bien évidemment. Les souvenirs trouvèrent refuge dans un coin de son esprit, pour mieux ressurgir plus tard.
Il arriva devant le Bastion quelques minutes après, et souffla deux mots à l'oreille de sa monture, qui resta immobile tandis qu'il prenait le sentier menant à l'imposant bâtiment. Le soleil perçait au travers de l'épais feuillage des arbres, animant le sol d'une multitude de couleurs chatoyantes. L'air matinal sentait l'humus et la terre humide, lui rappelant sa vieille ferme dans l'ancienne terre de Lordaeron. Il rajusta son monocle et jetta un coup d'oeil rapide sur l'état de son armure, pourtant impeccable et lustrée, puis coiffa ses longs cheveux blanc d'un geste rapide. Un homme d'âge mûr montait la garde devant l'entrée, en uniforme. Il semblait très concentré dans son travail, la main posée sur la poignée de son arme, son regard épiant chaque chose suspecte, du volatil bruyant au scarabée qui se mouvait paresseusement sur la baliste. Il ne l'avait pas encore remarqué lorsqu'Egmond l'interpella :
- Que la Lumière vous guide, soldat, dit Egmond avec un sourire haussant les côtés de sa moustache blanche, je me prénomme Egmond de Darrow, pour vous servir, et souhaiterait m'entretenir avec un Officier de l'Ost Pourpre.
Le Gardien de Darrow se campa devant le garde, prenant soin à garder son air avenant coutumier.
Posté : jeu. 11 juin, 2009 10:16 am
par Adjoint Rainer
L'Adjoint Rainer était en pleine forme, ce matin-là. La veille, il avait expulsé manu militari un couple de draeneï en goguette qui, dans un patois effroyable tout à fait significatif de la déliquescence de cette race, avaient cherché à s'introduire dans la Garnison. Le souvenir de leur air ébahi quand le vieux soldat leur avait claqué la porte au nez était tel un chaleureux foyer dans le coeur de Rainer.
La vue de l'étranger qui approchait de l'entrée de la Garnison éveilla d'anciens souvenirs. Il ne pouvait y avoir de doutes dans cette façon parfaitement rigoureuse de se déplacer : Rainer avait affaire à un ancien soldat. Un collègue.
Bienvenue à la Garnison du Ruisseau de l'Ouest, Messire Egmond. Je suis l'Adjoint Rainer, fit le vétéran avec plus de politesse qu'il n'en avait fait montre au cours des six mois passés. Il me semble que certains de nos officiers sont en effet présents. Si vous voulez bien patienter quelques instants, je vais les faire mander.
Rainer avisa une sentinelle et lui transmit un ordre sec. Le factionnaire détala aussi vite, et le vieux soldat se tourna vers le nouveau venu.
Vétéran de quelle guerre ? fit-il avec cette nonchalance dans le verbe que les anciens combattants avaient toujours les uns vis-à-vis des autres.
Posté : jeu. 11 juin, 2009 10:40 am
par Egmond de Darrow
Egmond regarda partir la sentinelle avec amusement puis reporta son attention sur l'Adjoint Rainer et sur la question que celui-ci avait posé.
- Je ne me suis engagé que tardivement, vers mes trente hivers. C'est six ans après mon engagement que j'ai participé au siège de la Forteresse Blackrock, en compagnie du regretté Lothar, puis j'ai été affecté à la garnison de Comté-de-Darrow, selon mon souhait. Après la mort du Roi, loué soit-il, j'ai défendu Valnord, où j'ai vu le Porteur de Lumière tomber. Puis la Croisée de Corin et enfin mon village natal. Bien sûr nous avons à chaque fois échoué.
Il observa l'expression de l'Adjoint. Cet homme aussi semblait avoir bien connu la clameur des batailles, en témoignait son regard désabusé et ses traits tirés par la rudesse de la guerre. Puis il reporta brièvement son attention sur l'endroit par où la sentinelle s'était précipitée sous l'ordre de Rainer
Posté : jeu. 11 juin, 2009 11:34 am
par Adjoint Rainer
Rainer hocha la tête au récit de ces batailles - de ces défaites.
Je suis entré dans l'armée régulière dès mon plus jeune âge. J'étais déjà considéré comme un vétéran proche de l'heure de la retraite quand ces horreurs se sont déclenchées. Plaise à la Lumière que nous en voyons un jour le bout, nous ou nos enfants.
Pensif, l'Adjoint suivit le regard d'Egmond, s'attendant d'un instant à l'autre à voir un officier sortir de la Garnison.
Posté : jeu. 11 juin, 2009 11:59 am
par Zorahé
Zorahé était assise dans le bureau des officiers, compulsant divers paperasses, tout en songeant au jugement qui aurait lieu le soir même. Elle était entrain de remplir un formulaire relatif à l'entrée de Debaz dans l'ordre, lorsqu'un garde entra pour indiquer qu'un homme demandait à parler à un officier.
Elle prit le temps de finir de remplir son formulaire, puis rangea les divers papiers qu'elle avait sortis. Deux minutes plus tard, elle se dirigeait vers l'entrée du bastion, son bâton à la main, et, comme souvent, le sourire aux lèvres.
C'est alors qu'elle vit l'homme qui devait l'avoir fait appelé, et le reconnut. La veille, elle l'avait croisé un court instant, dans les rues d'Hurlevent… Sa taille et sa prestance l'avait marqué. Puis, il avait disparu comme il était venu.
Elle s'inclina respectueusement.
− Salutation, Ser. Je suis Zorahé, magicienne et héraut de l'Ost Pourpre. Que puis-je pour vous?
Posté : jeu. 11 juin, 2009 12:20 pm
par Egmond de Darrow
Egmond regardait avec attention ses pieds quand arriva la Magicienne. Il releva précipitamment la tête et afficha un grand sourire :
- Bonjour, Dame Zorahé ! Je me présente : Egmond de Darrow. Il me semble vous avoir déjà rencontré, malheureusement j'étais perdu dans mes pensées et je ne me souviens ni où ni quand.
Il marqua une courte pause, puis reprit :
- Et bien ma venue est assez simple. Il y a de cela une semaine, je partais de la Désolation des Dragons, en Norfendre. Mes hommes s'y sont fait massacrés par une légion de créatures du Fléau. Nous sommes tombés dans une embuscade et mon officier principal n'a pas écouté mon ordre. Alors que je voyais la fin venir, mes hommes tombant un à un, la 7ème Légion s'est joint à la bataille et m'ont ramené moi et deux soldats grièvement blessé au donjon de Garde-Hiver. Ils sont morts peu après.
Egmond parlait rapidement, sans doute pour contenir le flot d'émotions qui tentait de le submerger à l'évocation de cette débâcle. Déglutissant, il reprit d'une voix plus assurée :
- Je n'ai plus le coeur à enrôler de nouveaux jeunes gens. Trop sont morts sous mes yeux. Je pense avoir eu mon lot de responsabilités durant mon existence. J'ai donc renoncé à commander mon unité et suis repartis à Hurlevent. Il se trouve que ma haine du Fléau et de tout ce qui porte la marque du Traître est toujours aussi tenace. Ainsi, votre Ordre défend des valeurs et cherche à accomplir des objectifs qui me tiennent particulièrement à coeur. Je demande à servir l'Ost Pourpre, mon épée et mon bouclier sont votres. Faites-en ce qu'il vous plaira. Je suis un vieil homme, mais mon ardeur au combat n'a rien à envier au plus fougueux des bretteurs.
Egmond s'inclina devant la Magicienne et la regarda droit dans les yeux, brûlant de tirer de nouveau l'épée face aux forces mortes.
Posté : jeu. 11 juin, 2009 12:48 pm
par Zorahé
− Relevez-vous, je vous prie.
Le récit de l'humain avait ému Zorahé. Le fléau, encore une fois, avait frappé… au point de faire courber l'échine à cet homme? Elle en était étonnée.
− Je suis navrée de ce qui est arrivé à vos hommes. Paix à leurs âmes…
Elle regarda au loin un instant, pensant à tous ceux qui étaient tombés.
− Il semble en effet que nous poursuivons les mêmes buts. Veuillez me suivre à l'intérieur, nous allons pouvoir discuter de tout cela.
Elle reprit son sourire habituel, tout en conduisant Egmond à travers les couloirs du bastion. Elle l'introduisit dans le salon qui servait souvent de lieu d'entretien.
− Asseyez-vous, je vous en prie. Voulez-vous boire quelque chose?
Posté : jeu. 11 juin, 2009 1:04 pm
par Egmond de Darrow
Après avoir salué l'Adjoint Rainer, Egmond suivit la magicienne au gré des couloirs et des intersections du Bastion. Ils entrèrent dans un salon bien décoré. Egmond regarda brièvement les tapisseries des murs de pierre puis prit place dans un des sièges.
- Asseyez-vous, je vous en prie. Voulez-vous boire quelque chose? Demanda Zorahé avec politesse.
- Je ne dirai pas non à un verre d'eau, madame. En cette saison, le soleil a tendance à assecher les gosiers.
Il adressa un sourire à la Magicienne et attendit son retour vers les sièges.
Posté : jeu. 11 juin, 2009 1:13 pm
par Zorahé
Zorahé sortit deux verres d'un petit buffet, ainsi qu'une carafe, dans laquelle elle entreprit d'invoquer de l'eau fraîche. Elle remplit ensuite les deux verres, les posa sur le guéridon, et s'assit en fasse de son interlocuteur.
− Voici… Puis-je vous demander comment vous avez entendu parler de notre ordre?
Posté : jeu. 11 juin, 2009 1:28 pm
par Egmond de Darrow
Egmond prit son verre et se redressa dans son siège.
- Merci, madame.
Il but une petite gorgée, puis il répondit à la Magicienne.
- Il y a de cela quelques jours, je me suis rendu pour la première fois à la Veillée des Contes. J'en ai entendu parlé grâce à un Nain bavard de la Taverne du Cochon Siffleur. Une soirée calme et enrichissante était ce qu'il me fallait après mon retour fastidieux. Il y avait là votre Connétable, Dame Aurys, ainsi que certains autres soldats de votre Ordre. Je ne suis pas sorti réellement apaisé de cette Veillée. Un homme a clamé un poème, celui de mon Roi regretté, Terenas. J'ai remarqué ne pas être le seul au comble de l'émotion. Dame Aurys semblait également très émue par ce discours.
Egmond but une nouvelle gorgée et reprit :
- Elle a d'ailleurs elle-même prononcé un poème par la suite, écrit d'une belle manière. A la suite de cette soirée je me suis renseigné auprès de quelques amis en ville, puis j'ai rejoins quelques uns de vos soldats lors d'une soirée près du ruisseau du Bastion. J'y ai rencontré votre trésorier, Tellxeios, un brave elfe, quoiqu'un peu aigri, ainsi que la chasseresse Leanhaunshee, que j'avais déjà vu à la Veillée, et Dames Audrinna et Melinae, avec qui j'ai eus beaucoup de plaisir à parler. Il y avait aussi Anarkia, une druide au Commun approximatif. Tellxeios a narré quelques évènements de votre Ordre, à ses débuts. J'ai été captivé. Puis enfin, c'était hier, j'ai demandé à être jury pour le procès de ce soir à votre Connétable, qui a accepté. C'est pour cela que votre Ordre m'a attiré : des gens abordables, malgré leur mission.
Posté : jeu. 11 juin, 2009 2:23 pm
par Zorahé
Zorahé fût prise d'un léger rire à l'évocation de Tellxeios, en brave elfe un peu aigri.
− Je vois que vous connaissez déjà bien les nôtres… Ainsi, vous serez dans le jury ce soir? Nous aurons déjà l'occasion de nous revoir.
Cette pensée accentua encore son sourire, sans qu'elle ne sache exactement pourquoi. Elle bût une gorgée d'eau, puis reprit.
− Vous avez évoqué Terenas… Vous savez donc sûrement qu'en plus de combattre le Fléau, un de nos objectifs est de chasser l'usurpatrice de Lordaeron, et de rétablir sur le trône l'héritier légitime des Menethil… C'est une guerre longue, et avec les troupes massées en Norfendre, nous sommes bien peu à nous intéresser à ce front.
Elle bût une nouvelle gorgée d'eau.
− Mais je ne pense pas que j'ai besoin de vous l'apprendre… Hélas, tous ici ne sont pas comme vous. Beaucoup sont jeunes, et ont grandi au milieu du désordre actuel du monde… La discipline d'un ordre militaire n'est pas toujours facile à respecter, pour eux. Mais nous avons besoin de beaucoup de bras.
Comment pouvait-elle dire cela? Elle ne savait même pas ce qu'elle avait fait pendant vingt ans, elle n'avait qu'une vague idée de ce qu'avait peu être sa jeunesse. Ce n'était pas les années qui l'avait formé, mais la brusque nécessité de se raccrocher à une forme d'ordre, quel qu'il soit. Pourtant la présence de cet homme lui plaisait, elle se sentait soudain moins vieille.
− Je sais que vous avez renoncé au commandement, et vous êtes sûrement conscient qu'en vous engageant ici, vous commencerez au bas de l'échelle, en tant que page.
Cela la gênait, sans qu'elle ne s'explique pourquoi. Ce n'était pas seulement dû à l'âge de cet homme, mais à la position qu'il avait occupé. Cette pensée ne l'avait jamais effleuré auparavant, même pour elle-même.
− Bien sûr… ce n'est pas encore fait. Je devrais d'abord m'entretenir de votre candidature avec les autres officiers. Vous en avez déjà rencontré certains, ceci dit… Cela facilitera les choses. En admettant que votre candidature aboutisse, vous resterez page le temps de faire vos preuves au sein de l'ordre, indépendamment de ce que vous avez été par le passé. Ensuite, vous deviendrez écuyer. Vous serez sous la tutelle d'un chevalier. Enfin, quand nous vous en jugerons digne, vous pourrez atteindre ce dernier rang.
Elle se rendit compte qu'elle avait beaucoup parlé, et continua à boire pour se réhydrater la bouche.
Posté : jeu. 11 juin, 2009 2:49 pm
par Egmond de Darrow
Egmond finit son verre. Il eut une légère quinte de toux et reprit la parole :
- Certes Madame, je connais vos objectifs, du moins les principaux. Et je ne puis que les approuver. Dans le cas où je serai accepté au sein des votres, sachez que je serai heureux d'être page. Certes, j'ai été commandant de mes Loups Ecarlates. Mais je vous le dis sans détour, le poids des décisions que j'étais parfois amener à prendre me pesait. C'est une tâche lourde, et mes épaules, certes larges, s'affaissaient parfois... Entrer dans votre Ordre à ce poste me fera le plus grand bien. J'ai eus beaucoup de chance, savez-vous? De simple fermier je suis devenu soldat, pour finir Commandant. Retourner à des fonctions plus humbles me sera tout à fait familier et je n'aurai aucun mal à m'adapter.
Egmond balaya une poussière posée sur son épaulette, puis reprit la parole avec un sourire large :
- Et bien dans ce cas, je vais attendre les conclusions de vos délibérations. Je vais rejoindre mon logis à Hurlevent. Je vous remercie pour votre accueil chaleureux, Dame Zorahé. Nous nous verrons ce soir, donc. Que la Lumière vous garde d'ici là.
Egmond se leva et inclina la tête devant la Magicienne. A la sortie du salon, une sentinelle le conduisit aux portes. Le Gardien de Darrow se sentait apaisé. L'Officier avait quelque chose dans son comportement de rassurant. Il salua de nouveau Rainer avec un grand sourire que le vétéran lui rendit, et se remit en selle vers Hurlevent, afin de rejoindre les siens.
Posté : jeu. 11 juin, 2009 3:05 pm
par Zorahé
Zorahé salua Egmond quand il se leva, sans rien trouver à dire pour le retenir. Elle aurait aimé qu'il reste un peu plus… pour parler, elle ne savait pas de quoi, d'ailleurs.
Tout avait été dit, mais elle resta sur sa fin. Celui-là lui avait donné l'impression d'être un peu plus bavard que les soldats qu'elle avait l'habitude de rencontrer. Peut-être s'était-elle tout simplement trompée, et qu'il n'aimait pas plus cet exercice. Elle aurait l'occasion de le revoir le soir même de toute façon, si elle avait d'autres choses à lui demander.
Elle se leva, et se rendit dans le bureau des officiers, où elle écrivit une petite note faisait état de la nouvelle candidature. Après avoir relu son travail, elle inscrivit :
Avis favorable
Elle verrait bien ce que cela donnerait…