[Fils du Nord] La Dernière Peste
Posté : ven. 07 oct., 2011 9:53 am
Il était tard, cette nuit-là, mais la chambre d'Aurys était encore éclairée par les flammes vacillantes d'un luxueux candélabre. Assise sur une bergère dont les motifs rappelaient les armoiries de son pays natal, la Connétable était vêtue en écuyère - bottes, chausses, corset de cuir noir sanglé sur une chemise blanche. C'est qu'elle n'avait pas eu le temps de se changer depuis son retour à la Garnison, après une journée qui lui semblait avoir été intégralement passée sur le dos de son cheval. Un verre de liqueur à la main, elle écoutait sans mot dire l'homme qui lui faisait face, en se demandant si l'heure tardive pouvait encore avoir une quelconque influence sur son débit.
Voyez-vous, reprit Falstaf après un instant de pause lui permettant de mobiliser sa réflexion, vous êtes face à un triple problème. Le premier est politique : en dépit de toutes leurs manigances, les réprouvés sont membres de la Horde. Difficile donc de les affronter sans attirer le courroux de leurs puissants alliés. Le deuxième est d'ordre militaire. En quelques années, Fossoyeuse a décuplé le budget de ses forces, transformant une armée faite de bric et de broc en une impressionnante machine de guerre. Malgré tout le respect que je dois à votre courage, ce n'est pas avec vos trois compagnies que vous pourrez vous en défaire, dans une bataille rangée du moins.
Aurys balaya les arguments d'un revers de la main.
Du neuf, alchimiste. Rappelez-moi donc pour quelles raisons je vous garde ici.
Falstaf sourit, s'inclina, et poursuivit.
Le troisième problème est le plus intéressant, et peut-être davantage à votre portée. Depuis la campagne contre le Roi-Liche, Fossoyeuse s'est renforcée par l'ajout de deux armes terribles. La nouvelle peste, de sinistre mémoire, et dont on sait tout l'usage qui en a été fait en Gilneas. Les val'kyrs, ensuite, enrôlées par Sylvanas pour créer de nouveaux réprouvés, fournissant à son armée l'assurance d'un constant renouvellement.
Il y aurait beaucoup à dire sur la nouvelle peste, assura Falstaf d'un ton docte. Son intérêt réside dans les différences qui existent avec la Peste, qui avait assuré au Fléau une certaine - quoique polémique - reconnaissance dans les milieux médicaux. En effet, la Peste avait une vocation : éliminer un sujet puis le ressusciter sous une forme nouvelle. C'était le fruit d'un travail acharné mené par les premiers membres du Culte des Damnés. Autour de Kel'thuzad, nous n'étions alors qu'une petite dizaine d'utopistes, prêts à révolutionner le...
- Trêve de sensiblerie nostalgique, poursuivez.
Falstaf hocha la tête.
La Peste, disais-je donc, détruisait PUIS recréait. En revanche, la nouvelle peste développée par les alchimistes de Fossoyeuse n'a qu'un objectif : annihiler toute forme de vie - et de non-vie. Du reste, il est symptomatique de constater que les réprouvés eux-mêmes sont contraints de porter des protections pour se protéger des effluves du gaz, alors que nos goules pouvaient sans problème vivre au milieu des nuages de Peste. Par ailleurs, la Peste recréait une forme de vie, alors que les réprouvés ont besoin des val'kyrs pour ce faire.
- J'ai saisi l'idée, fit Aurys d'un ton las. Vous êtes des artistes, ce sont des bouchers. Y a-t-il quoi que ce soit là-dedans qui nous aide un tant soit peu ?
- Ce que j'essaye de vous dire, c'est que le principe actif qui sous-tend la nouvelle peste est fondamentalement différent de celui de la Peste, quoique leurs alchimistes aient voulu faire croire. Il s'agit d'un poison particulièrement puissant, mais ce n'est en rien la maladie que nous avions créée.
La force de Fossoyeuse repose sur ces deux piliers que sont les val'kyrs et la nouvelle peste. Abattez l'un des deux, et vous vous retrouverez dans de bien meilleures dispositions pour poursuivre votre ambition. Mais pour vaincre un adversaire, il faut tout savoir de lui. Votre première tâche sera donc de récolter ces informations.
- Et où pensez-vous les trouver ? Car je n'imagine pas les apothicaires de Fossoyeuse nous ouvrir leurs portes.
- Où, ma Dame ? Mais là même où nos ennemis ont rallié ces monstruosités ailées. Là où la nouvelle peste a fait ses premiers morts.
En Norfendre.
Voyez-vous, reprit Falstaf après un instant de pause lui permettant de mobiliser sa réflexion, vous êtes face à un triple problème. Le premier est politique : en dépit de toutes leurs manigances, les réprouvés sont membres de la Horde. Difficile donc de les affronter sans attirer le courroux de leurs puissants alliés. Le deuxième est d'ordre militaire. En quelques années, Fossoyeuse a décuplé le budget de ses forces, transformant une armée faite de bric et de broc en une impressionnante machine de guerre. Malgré tout le respect que je dois à votre courage, ce n'est pas avec vos trois compagnies que vous pourrez vous en défaire, dans une bataille rangée du moins.
Aurys balaya les arguments d'un revers de la main.
Du neuf, alchimiste. Rappelez-moi donc pour quelles raisons je vous garde ici.
Falstaf sourit, s'inclina, et poursuivit.
Le troisième problème est le plus intéressant, et peut-être davantage à votre portée. Depuis la campagne contre le Roi-Liche, Fossoyeuse s'est renforcée par l'ajout de deux armes terribles. La nouvelle peste, de sinistre mémoire, et dont on sait tout l'usage qui en a été fait en Gilneas. Les val'kyrs, ensuite, enrôlées par Sylvanas pour créer de nouveaux réprouvés, fournissant à son armée l'assurance d'un constant renouvellement.
Il y aurait beaucoup à dire sur la nouvelle peste, assura Falstaf d'un ton docte. Son intérêt réside dans les différences qui existent avec la Peste, qui avait assuré au Fléau une certaine - quoique polémique - reconnaissance dans les milieux médicaux. En effet, la Peste avait une vocation : éliminer un sujet puis le ressusciter sous une forme nouvelle. C'était le fruit d'un travail acharné mené par les premiers membres du Culte des Damnés. Autour de Kel'thuzad, nous n'étions alors qu'une petite dizaine d'utopistes, prêts à révolutionner le...
- Trêve de sensiblerie nostalgique, poursuivez.
Falstaf hocha la tête.
La Peste, disais-je donc, détruisait PUIS recréait. En revanche, la nouvelle peste développée par les alchimistes de Fossoyeuse n'a qu'un objectif : annihiler toute forme de vie - et de non-vie. Du reste, il est symptomatique de constater que les réprouvés eux-mêmes sont contraints de porter des protections pour se protéger des effluves du gaz, alors que nos goules pouvaient sans problème vivre au milieu des nuages de Peste. Par ailleurs, la Peste recréait une forme de vie, alors que les réprouvés ont besoin des val'kyrs pour ce faire.
- J'ai saisi l'idée, fit Aurys d'un ton las. Vous êtes des artistes, ce sont des bouchers. Y a-t-il quoi que ce soit là-dedans qui nous aide un tant soit peu ?
- Ce que j'essaye de vous dire, c'est que le principe actif qui sous-tend la nouvelle peste est fondamentalement différent de celui de la Peste, quoique leurs alchimistes aient voulu faire croire. Il s'agit d'un poison particulièrement puissant, mais ce n'est en rien la maladie que nous avions créée.
La force de Fossoyeuse repose sur ces deux piliers que sont les val'kyrs et la nouvelle peste. Abattez l'un des deux, et vous vous retrouverez dans de bien meilleures dispositions pour poursuivre votre ambition. Mais pour vaincre un adversaire, il faut tout savoir de lui. Votre première tâche sera donc de récolter ces informations.
- Et où pensez-vous les trouver ? Car je n'imagine pas les apothicaires de Fossoyeuse nous ouvrir leurs portes.
- Où, ma Dame ? Mais là même où nos ennemis ont rallié ces monstruosités ailées. Là où la nouvelle peste a fait ses premiers morts.
En Norfendre.






























































































