[La Chonya: Acte IV] Pendant ce temps, au bastion.
Posté : lun. 26 juil., 2010 7:42 pm
Bon gré mal gré, les geôles ressemblaient de moins en moins à ce à quoi elles auraient dû ressembler depuis qu'Inwëh y avait officieusement élu domicile. Les prisonniers s'entassaient tous dans une minuscule cellule humide laissant le reste de la pièce aux aises de la démoniste. Juste à gauche de l'entrée l'on trouvait le 'Salon de Discussion', espace spécialisé dans l'extraction des aveux. Puis venait l'espace ' Science et Découvertes' au centre duquel trônait une table d'opération encombrée d'un tas d'instruments à l'utilité douteuse. Enfin, au fond se cachait sous un monticule de documents, de livres et de fioles, un minuscule bureau. La cave, déjà habituellement sombre et encombrée , représentait aujourd'hui la définition pure et simple de capharnaüm.
Inwëh, en équilibre sur les pieds arrières de sa chaise, jouait distrètement à faire plier un bras de squelette, les yeux rivés sur le sol. Là, à la lueur des torches était reconstitué le lieu du crime, tracé à la craie blanche sur le sol. Les figurines de démons trouvées dans les paquets d'araignée confites tenaient le rôle de leur vie en représentant les différents protagonistes. La jeune femme se balançait lentement d'avant en arrière en marmonnant, l'air encore plus demeuré qu'à son accoutumée.
" Le coupable entre d'une façon ou d'une autre, broie les deux parents, maltraite la fillette... le gamin parvient à s'enfuir...bastion. Pourquoi ici ? Pas voulu répandre la maladie n'importe où mais ici... pas de mobile ... ou sommes nous la première cible...attaque de la Horde ? Les Mort vivants alors. Non. trop occupés en Norfendre. Le gamin devait venir ici.... un contrôle mental, peut-être. C'était le vecteur pour le virus. ..Ils ont ensuite infecté la ferme au cas où. Deux foyers à la maladie.... Pourquoi avoir brûlé le corps du gamin ... Un cadavre à tant de choses à dire."
Une voix s'éleva du fond la la pièce.
- Madame ...je vous en prie, c'est un regrettable quiproquo, je ne suis pas un hors-la-loi. Vous avez par inadvertance incendié mon bateau ... mais je promets que je ne réclamerai rien... pas un sous ... Je ne veux plus être enfermé ici avec ces Réprou..
- Ta gueule, aboya Inwëh en donnant un coup de pied contre la porte de fer puis se radoucit: tu ne voudrais pas perdre un petit bout n'est-ce pas ?
Sur quoi elle se leva, l'air décidé, et attrapa une besace qui pendait le long de la chaise avant de monter les escaliers au pas de course.
***
Inwëh éperonna Belbubuth doucement mais fermement pour faire descendre la chose grotesque qui lui servait de monture le long d'un s'entier déformé par le passage de noubreux chariots. Au bord du chemin pendait lamentablement une vieille pancarte indiquant " Cimetière Père Lattable" en lettre partiellement effacées par les intempéries. L'endroit était miteux: une plaine envahie par les mauvaises herbes entourée d'un muret effondré par endroits, lieu de repos de tous les miséreux qui n'avaient pas de quoi payer un caveau digne de ce nom à la cité d'Hurlevent. Les cadavres étaient enterrés avec uniquement un linceul de mauvaise qualité, de sorte que les corps attendant le creusement de leur dernière demeure emplissaient l'air aux alentours d'une odeur de mort. Inwëh lanca la jambe par dessus le croupion du destrier pour en descendre et lui intima de l'attendre ici. La grille de fer forgé était verouillée, ainsi, elle traversa le mur là où il était tombé pour pénétrer dans le cimetière. Elle serpenta entre les tombes avec la mimique de quelqu'un qui cherche une chose précise, s'arrêtant de temps à autre aux abords d'une sépulture récente. Au loin , elle aperçut un homme dégingandé d'âge mûr qui peinait à creuser . La jeune femme lui adressa un signe de la main et un sourire chaleureux. Dès qu'il l'eut aperçue, le fossoyeur jaillit hors de son trou et se dirigea d'un bon pas vers Inwëh qui leva un sourcil face à tant d'énergie dans ce vieux corps. Elle comprit un peu trop tard les intentions du tenancier et eut tout juste le temps de faire un bond de côté pour éviter un coup de pelle magistral.
- Vipère ! Sorcière ! Hors d'ici ! Arrière démon ! Va-t-en, chienne !
Entre deux vociférations, le veillard tenta derechef de rosser Inwëh, celle-ci reprit sur un ton qui se voulait engageant.
- Voyons, ne le prenez pas comme ça ...
- J'en ai ras le radis de te voir creuser des petits trous ! Tu sais comment ça s'appelle ça ? Profanation ! PRO-FA-NA-TION ! Par la Sainte Lumière, je m'en vais quérir la garde et te coller un procès pour hérésie ! HE-RE-SIE ! De mon temps on en brûlait pour moins que ça ! hurlait-il sans même sembler vouloir reprendre son souffle de temps à autre.
- En parlant de brûler ,si vous ne baissez par cette pe...
Inwëh dû encore une fois éviter un coup mais elle parvint à attraper l'ustencile de jardinage, ils luttèrent un moment. Puis au prix d'un dernier effort, la jeune femme fit pivoter l'objet, obligeant ainsi le fossoyeur à lâcher prise, il ne se découragea pas pour autant:.
- Je ne veux pas être impliqué de n'importe quelle façon dans tes pratiques de possédés.
- Il y en a tellement, un corps de plus ou de moins, quelle différence ?
- Quelle différence ? explosa-t-il.
- C'est l'autopsie des cadavres humain qui a permis de découvrir tout ce que nous savons aujourd'hui en anatomie et ...
- Tu veux me faire croire que vous faites ça pour la science ? interrompit le fossoyeur. Sors d'ici !
- C'est différent aujourd'hui, je suis sur une petite affaire. C'est dommage de faire obstruction à une enquête. Surtout lorsqu'il en va de la sérénité du Roi, soupira Inwëh sur un ton mystérieux.
- Qu'est-ce que c'est que ces âneries? Dehors !
- Je cherche un corps en particulier.
Pour la première fois, l'homme sembla se calmer un instant, tant qu'il fallut à son cerveau pour analyser les nouvelles informations. Il répéta comme à son habitude. " En particulier ?"
- Oui, dit Inwëh sur un ton nonchalant, une petite fille retrouvée dans un puit il y a deux jours.
Le fossoyeur ouvrit la bouche pour parler et resta un long moment, figé, le temps de formuler sa réponse.
- Je suppose qu'il y a moyen de s'arranger, il promena un regard lubrique le long de la robe de la démoniste,T'as bien quelque chose à m'donner si je te dis où est la tombe. Si tu viens faire un tour derrière la chapelle je pourrais te montrer le bon trou.
Inwëh grimaça et jeta quelques pièces d'or aux pieds du misérable veillard qui s'empressa de gratter la terre pour les ramasser. Elle le contempla avec dédain. "Contentez vous de creusez" grogna-elle sur un ton glacial. Il fit un geste obcène avec ses doigts, puis s'éloigna en maugréant quand elle fit mine de lever la main. Elle soupira et tourna les talons pour attendre hors de portée de l'odeur, près de sa monture qui mâchait une belette malchanceuse à pleines dents. Elle détacha la besace de la selle et s'appuya contre le muret. guettant le retour de la crapule. Celle-ci ne tarda pas à faire son apparition, traînant un lourd paquet enveloppé d'un drap blanc douteux. La démoniste alla à sa rencontre et s'empara du chargement avec un 'merci' qui n'avait de poli que la forme.
- Je vous emprunte la chapelle un instant, déclara-t-elle.
- Pourquoi faire hein, dis ?
- L'autospie.
- L'autopsie ?
- Oui .. le cadavre est certainement porteur d'un germe d'une férocité sans précédent.
- Qu'est ce que ça veut dire ça.
- Que vous pouvez mourir si vous restez planté là, la moitié de la région est sous quarantaine... Du vent!
Le fossoyeur n'eut pas besoin de se faire prier et s'éloigna et marmonnant des insultes parfaitement audibles. Inwëh traîna le corps de la fillette vers la petite chapelle à l'air misérable. Une odeur d'urine lui picota les narines quand elle poussa la porte mal jointe. L'endroit paraîssait aussi saint que l'Agneau Assassiné: des outres vides jonchaient le sol sale. Inwëh débarrassa l'autel d'un mouvement de la main pour en débarrasser le bric à brac témoigant des activités peu religieuse qu'on y avait eues. Elle balança le cadavre sur la pierre plate avant de sortir son matériel de son sac, enfila gants et masque avant d'écarter le tissus. Le spectacle ne troubla pas la jeune femme le moins du monde et elle entreprit de découper les haillons de la gamine.
***
Inwëh, en équilibre sur les pieds arrières de sa chaise, jouait distrètement à faire plier un bras de squelette, les yeux rivés sur le sol. Là, à la lueur des torches était reconstitué le lieu du crime, tracé à la craie blanche sur le sol. Les figurines de démons trouvées dans les paquets d'araignée confites tenaient le rôle de leur vie en représentant les différents protagonistes. La jeune femme se balançait lentement d'avant en arrière en marmonnant, l'air encore plus demeuré qu'à son accoutumée.
" Le coupable entre d'une façon ou d'une autre, broie les deux parents, maltraite la fillette... le gamin parvient à s'enfuir...bastion. Pourquoi ici ? Pas voulu répandre la maladie n'importe où mais ici... pas de mobile ... ou sommes nous la première cible...attaque de la Horde ? Les Mort vivants alors. Non. trop occupés en Norfendre. Le gamin devait venir ici.... un contrôle mental, peut-être. C'était le vecteur pour le virus. ..Ils ont ensuite infecté la ferme au cas où. Deux foyers à la maladie.... Pourquoi avoir brûlé le corps du gamin ... Un cadavre à tant de choses à dire."
Une voix s'éleva du fond la la pièce.
- Madame ...je vous en prie, c'est un regrettable quiproquo, je ne suis pas un hors-la-loi. Vous avez par inadvertance incendié mon bateau ... mais je promets que je ne réclamerai rien... pas un sous ... Je ne veux plus être enfermé ici avec ces Réprou..
- Ta gueule, aboya Inwëh en donnant un coup de pied contre la porte de fer puis se radoucit: tu ne voudrais pas perdre un petit bout n'est-ce pas ?
Sur quoi elle se leva, l'air décidé, et attrapa une besace qui pendait le long de la chaise avant de monter les escaliers au pas de course.
***
Inwëh éperonna Belbubuth doucement mais fermement pour faire descendre la chose grotesque qui lui servait de monture le long d'un s'entier déformé par le passage de noubreux chariots. Au bord du chemin pendait lamentablement une vieille pancarte indiquant " Cimetière Père Lattable" en lettre partiellement effacées par les intempéries. L'endroit était miteux: une plaine envahie par les mauvaises herbes entourée d'un muret effondré par endroits, lieu de repos de tous les miséreux qui n'avaient pas de quoi payer un caveau digne de ce nom à la cité d'Hurlevent. Les cadavres étaient enterrés avec uniquement un linceul de mauvaise qualité, de sorte que les corps attendant le creusement de leur dernière demeure emplissaient l'air aux alentours d'une odeur de mort. Inwëh lanca la jambe par dessus le croupion du destrier pour en descendre et lui intima de l'attendre ici. La grille de fer forgé était verouillée, ainsi, elle traversa le mur là où il était tombé pour pénétrer dans le cimetière. Elle serpenta entre les tombes avec la mimique de quelqu'un qui cherche une chose précise, s'arrêtant de temps à autre aux abords d'une sépulture récente. Au loin , elle aperçut un homme dégingandé d'âge mûr qui peinait à creuser . La jeune femme lui adressa un signe de la main et un sourire chaleureux. Dès qu'il l'eut aperçue, le fossoyeur jaillit hors de son trou et se dirigea d'un bon pas vers Inwëh qui leva un sourcil face à tant d'énergie dans ce vieux corps. Elle comprit un peu trop tard les intentions du tenancier et eut tout juste le temps de faire un bond de côté pour éviter un coup de pelle magistral.
- Vipère ! Sorcière ! Hors d'ici ! Arrière démon ! Va-t-en, chienne !
Entre deux vociférations, le veillard tenta derechef de rosser Inwëh, celle-ci reprit sur un ton qui se voulait engageant.
- Voyons, ne le prenez pas comme ça ...
- J'en ai ras le radis de te voir creuser des petits trous ! Tu sais comment ça s'appelle ça ? Profanation ! PRO-FA-NA-TION ! Par la Sainte Lumière, je m'en vais quérir la garde et te coller un procès pour hérésie ! HE-RE-SIE ! De mon temps on en brûlait pour moins que ça ! hurlait-il sans même sembler vouloir reprendre son souffle de temps à autre.
- En parlant de brûler ,si vous ne baissez par cette pe...
Inwëh dû encore une fois éviter un coup mais elle parvint à attraper l'ustencile de jardinage, ils luttèrent un moment. Puis au prix d'un dernier effort, la jeune femme fit pivoter l'objet, obligeant ainsi le fossoyeur à lâcher prise, il ne se découragea pas pour autant:.
- Je ne veux pas être impliqué de n'importe quelle façon dans tes pratiques de possédés.
- Il y en a tellement, un corps de plus ou de moins, quelle différence ?
- Quelle différence ? explosa-t-il.
- C'est l'autopsie des cadavres humain qui a permis de découvrir tout ce que nous savons aujourd'hui en anatomie et ...
- Tu veux me faire croire que vous faites ça pour la science ? interrompit le fossoyeur. Sors d'ici !
- C'est différent aujourd'hui, je suis sur une petite affaire. C'est dommage de faire obstruction à une enquête. Surtout lorsqu'il en va de la sérénité du Roi, soupira Inwëh sur un ton mystérieux.
- Qu'est-ce que c'est que ces âneries? Dehors !
- Je cherche un corps en particulier.
Pour la première fois, l'homme sembla se calmer un instant, tant qu'il fallut à son cerveau pour analyser les nouvelles informations. Il répéta comme à son habitude. " En particulier ?"
- Oui, dit Inwëh sur un ton nonchalant, une petite fille retrouvée dans un puit il y a deux jours.
Le fossoyeur ouvrit la bouche pour parler et resta un long moment, figé, le temps de formuler sa réponse.
- Je suppose qu'il y a moyen de s'arranger, il promena un regard lubrique le long de la robe de la démoniste,T'as bien quelque chose à m'donner si je te dis où est la tombe. Si tu viens faire un tour derrière la chapelle je pourrais te montrer le bon trou.
Inwëh grimaça et jeta quelques pièces d'or aux pieds du misérable veillard qui s'empressa de gratter la terre pour les ramasser. Elle le contempla avec dédain. "Contentez vous de creusez" grogna-elle sur un ton glacial. Il fit un geste obcène avec ses doigts, puis s'éloigna en maugréant quand elle fit mine de lever la main. Elle soupira et tourna les talons pour attendre hors de portée de l'odeur, près de sa monture qui mâchait une belette malchanceuse à pleines dents. Elle détacha la besace de la selle et s'appuya contre le muret. guettant le retour de la crapule. Celle-ci ne tarda pas à faire son apparition, traînant un lourd paquet enveloppé d'un drap blanc douteux. La démoniste alla à sa rencontre et s'empara du chargement avec un 'merci' qui n'avait de poli que la forme.
- Je vous emprunte la chapelle un instant, déclara-t-elle.
- Pourquoi faire hein, dis ?
- L'autospie.
- L'autopsie ?
- Oui .. le cadavre est certainement porteur d'un germe d'une férocité sans précédent.
- Qu'est ce que ça veut dire ça.
- Que vous pouvez mourir si vous restez planté là, la moitié de la région est sous quarantaine... Du vent!
Le fossoyeur n'eut pas besoin de se faire prier et s'éloigna et marmonnant des insultes parfaitement audibles. Inwëh traîna le corps de la fillette vers la petite chapelle à l'air misérable. Une odeur d'urine lui picota les narines quand elle poussa la porte mal jointe. L'endroit paraîssait aussi saint que l'Agneau Assassiné: des outres vides jonchaient le sol sale. Inwëh débarrassa l'autel d'un mouvement de la main pour en débarrasser le bric à brac témoigant des activités peu religieuse qu'on y avait eues. Elle balança le cadavre sur la pierre plate avant de sortir son matériel de son sac, enfila gants et masque avant d'écarter le tissus. Le spectacle ne troubla pas la jeune femme le moins du monde et elle entreprit de découper les haillons de la gamine.
***