Un étrange équipage
- Virarandrel
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Un étrange équipage
La charrette avançait péniblement, le cheval de trait fatigué peinant de plus en plus à trainer son lourd chargement, à l'abri sous une toile cirée. L'aspect de l'animal contrastait fortement avec celui qui dirigeait cet étrange équipage : un paladin en armure du jugement complète. L'armure avait servi, cela se voyait, mais elle avait été bien entretenue. Par dessus, il portait un tabard des Clairvoyants.
Le cocher-paladin fit tourner la charrette, qui quitta la route de la Marche pour le chemin qui menait au bastion de l'Ost Pourpre. Il s'avança à l'ombre de l'imposante bâtisse, fit pivoter la charrette, et s'arrêta. Le paladin se redressa et mit pied à terre. On aurait pu le croire humain, avec le masque de l'armure du jugement qui cachait ses traits, mais de sous la capuche dépassaient des oreilles sans doute bien trop pointues au goût de Rainer, et le paladin aurait été bien fluet pour un humain, même sous cette imposante armure.
Sa voix était claire et il s'inclina respectueusement quand il s'adressa à l'Adjoint.
"Je vous salue. Je me nomme Virarandrel Aubeclaire. Je me présente à vous comme envoyé des Clairvoyants de Shattrath. Pouvez-vous me dire si les officiers de l'Ost Pourpre sont présents en ces lieux? J'aimerais m'entretenir avec eux, en particulier la Connétable Aurys. Cela concerne... Le donjon de la Tempête."
Le paladin savait qu'Aurys était présente. Ces derniers temps, une bande de vagabonds d'Hurlevent avait essayé à plusieurs reprise de forcer l'entrée du bastion en se faisant passer pour des envoyés du roi. La présence des officiers de l'Ost s'était ainsi renforcée en Elwynn.
Il tourna brièvement la tête vers la bâche qui dissimulait le chargement de sa charrette, comme pour vérifier sa présence. Sa main droite était négligemment posée sur la garde de la masse à sa ceinture, mais un vétéran comme Rainer pouvait tout de même y déceler qu'il était sur le qui-vive.
Le cocher-paladin fit tourner la charrette, qui quitta la route de la Marche pour le chemin qui menait au bastion de l'Ost Pourpre. Il s'avança à l'ombre de l'imposante bâtisse, fit pivoter la charrette, et s'arrêta. Le paladin se redressa et mit pied à terre. On aurait pu le croire humain, avec le masque de l'armure du jugement qui cachait ses traits, mais de sous la capuche dépassaient des oreilles sans doute bien trop pointues au goût de Rainer, et le paladin aurait été bien fluet pour un humain, même sous cette imposante armure.
Sa voix était claire et il s'inclina respectueusement quand il s'adressa à l'Adjoint.
"Je vous salue. Je me nomme Virarandrel Aubeclaire. Je me présente à vous comme envoyé des Clairvoyants de Shattrath. Pouvez-vous me dire si les officiers de l'Ost Pourpre sont présents en ces lieux? J'aimerais m'entretenir avec eux, en particulier la Connétable Aurys. Cela concerne... Le donjon de la Tempête."
Le paladin savait qu'Aurys était présente. Ces derniers temps, une bande de vagabonds d'Hurlevent avait essayé à plusieurs reprise de forcer l'entrée du bastion en se faisant passer pour des envoyés du roi. La présence des officiers de l'Ost s'était ainsi renforcée en Elwynn.
Il tourna brièvement la tête vers la bâche qui dissimulait le chargement de sa charrette, comme pour vérifier sa présence. Sa main droite était négligemment posée sur la garde de la masse à sa ceinture, mais un vétéran comme Rainer pouvait tout de même y déceler qu'il était sur le qui-vive.
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Adjoint Rainer
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En voyant approcher la charrette au loin, Rainer avait tout d'abord cru qu'il s'agissait de l'arrivée - tardive - du ravitaillement en provenance de Hurlevent. Depuis quelques jours, on n'entendait plus parler à la Garnison que de cochon, de tripoux et de saindoux, le Trésorier considérant qu'il était de son devoir de rentabiliser au maximum le porcin investissement que l'Ost Pourpre avait fait tout récemment. Aussi les sentinelles guettaient-elles avec impatience un arrivage de victuailles qui permettrait de mettre un peu de diversité dans leurs assiettes.
Au grand désappointement de Rainer, le véhicule ne transportait apparemment aucun ravitaillement.
Pire encore, le conducteur était un elfe.
Le cas des Sin'dorei posait régulièrement problème au vieux soldat. D'un côté, il s'agissait d'elfes, ce qui était pour le moins rédhibitoire. Avec leurs manières précieuses et leur don pour le faux-semblant, les natifs de Lune d'Argent n'étaient pas les personnes les plus fiables d'Azeroth, même s'ils étaient moins insupportables que leurs cousins de Kalimdor et leurs rites païens. D'un autre côté, Rainer avait longuement combattu au sein des armées de l'Alliance, et côtoyé beaucoup de hauts-elfes qui avaient donné leur vie pour leur cause commune. Le sang versé était une donnée fondamentale chez le vétéran, et c'est sous ses auspices qu'il accueillit le voyageur.
Bienvenue à la Garnison de l'Ost Pourpre. Il s'y trouve forcément un officier qui saura répondre à votre requête, et je le fais mander sur le champ, indiqua Rainer en faisant signe à une sentinelle de suivre l'ordre. En attendant, puis-je savoir ce que contient votre véhicule ?
Au grand désappointement de Rainer, le véhicule ne transportait apparemment aucun ravitaillement.
Pire encore, le conducteur était un elfe.
Le cas des Sin'dorei posait régulièrement problème au vieux soldat. D'un côté, il s'agissait d'elfes, ce qui était pour le moins rédhibitoire. Avec leurs manières précieuses et leur don pour le faux-semblant, les natifs de Lune d'Argent n'étaient pas les personnes les plus fiables d'Azeroth, même s'ils étaient moins insupportables que leurs cousins de Kalimdor et leurs rites païens. D'un autre côté, Rainer avait longuement combattu au sein des armées de l'Alliance, et côtoyé beaucoup de hauts-elfes qui avaient donné leur vie pour leur cause commune. Le sang versé était une donnée fondamentale chez le vétéran, et c'est sous ses auspices qu'il accueillit le voyageur.
Bienvenue à la Garnison de l'Ost Pourpre. Il s'y trouve forcément un officier qui saura répondre à votre requête, et je le fais mander sur le champ, indiqua Rainer en faisant signe à une sentinelle de suivre l'ordre. En attendant, puis-je savoir ce que contient votre véhicule ?
- Virarandrel
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- Inwëh
- Chevalier
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Qui-vive était de loin le dernier mot que l'on aurait pu assimiler à l'attitude d'Inwëh à en juger par l'exercice d'adresse auquel elle se livrait. A savoir, toucher son nez avec sa langue. Quelques officiers, excédés par son insolente façon d'errer dans le couloir comme s'il n'y avait aucune tâche à accomplir aux alentours, avaient vite fait de l'envoyer monter la garde avec Rainer attendre une prétendue " ruse de l'ennemi ". Et de cette façon la faire enfin déguerpir. Au début, flattée de sa nouvelle mission, la démoniste avait, avec beaucoup d'attention, scruté les environs ... puis à mesure que cette morne journée s'avançait son entrain s'était évanoui.
Mais voilà que se présente un Elfe de Sang qui prétend venir en paix. Déjà, Inwëh soupçonne la charette de contenir deux ou trois orcs armés jusqu'aux dents n'attendant qu'un signal pour jaillir hors de leur guet-apens et prendre le bastion par surprise.
Pour éviter le massacre, Inwëh, n'écoutant que son devoir, agit avec la discrétion de sa nature et détale soudain vers le fort en hurlant:
" AURYS !!! Voilà la ruse...heu...Les voilà ! L'ennemi est à nos portes! AURYYYYYYYYYYYYS !"
Sous les regards stupéfaits de Rainer et de Virarandrel.
Mais voilà que se présente un Elfe de Sang qui prétend venir en paix. Déjà, Inwëh soupçonne la charette de contenir deux ou trois orcs armés jusqu'aux dents n'attendant qu'un signal pour jaillir hors de leur guet-apens et prendre le bastion par surprise.
Pour éviter le massacre, Inwëh, n'écoutant que son devoir, agit avec la discrétion de sa nature et détale soudain vers le fort en hurlant:
" AURYS !!! Voilà la ruse...heu...Les voilà ! L'ennemi est à nos portes! AURYYYYYYYYYYYYS !"
Sous les regards stupéfaits de Rainer et de Virarandrel.
Aurys a écrit :Inweh : c'est pour ce genre de choses que tu restes ma préférée <3
Le hurlement inhumain surprit Aurys alors même qu'elle s'adonnait à l'une de ses tâches préférées dans la journée : classer son courrier. La logique implacable de cette opération délicate, les choix déterminants qu'il fallait faire - par thème ? par ordre alphabétique ? - concouraient à lui apporter une relative sérénité dans une journée toute entière vouée à la nervosité.
Une sérénité qui vola en éclats aussi sûrement que les vitres qui se trouvaient sur le passage de la sirène ambulante.
Se jetant sur son arme, qui reposait benoîtement au plus proche râtelier, Aurys jaillit de son bureau et manqua percuter Inwëh. Décidée à ne pas laisser son écuyère seule au plus fort de la bataille, elle lui attrapa le poignet et descendit les escaliers quatre à quatre en donnant des ordres saccadés à toutes les personnes qu'elle rencontrait.
Une minute plus tard, elle se trouvait devant la Garnison, cherchant des yeux l'armée ennemie.
Une sérénité qui vola en éclats aussi sûrement que les vitres qui se trouvaient sur le passage de la sirène ambulante.
Se jetant sur son arme, qui reposait benoîtement au plus proche râtelier, Aurys jaillit de son bureau et manqua percuter Inwëh. Décidée à ne pas laisser son écuyère seule au plus fort de la bataille, elle lui attrapa le poignet et descendit les escaliers quatre à quatre en donnant des ordres saccadés à toutes les personnes qu'elle rencontrait.
Une minute plus tard, elle se trouvait devant la Garnison, cherchant des yeux l'armée ennemie.
- Virarandrel
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- Enregistré le : lun. 26 avr., 2010 9:45 am
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Le départ précipité d'Inwëh lui avait fait resserrer sa poigne sur son arme, mais voyant arriver la jeune femme, il se détendit. Après tout, il était seul, et cette garnison regorgeait de troupes plus ou moins aguerries. Il décida d'attendre, pour voir si les cris de la démoniste avaient attiré d'autres personnes à part les simples gardes.
L'armée ennemie était prête à faire face.
L'armée ennemie était prête à faire face.
C'est ce qu'on pouvait appeler "un jour sans" pour Galadra. Appuyée sur son écritoire, elle attendait patiemment, le visage inexpressif, les doigts crispés sur le rebord de bois verni de son fidèle support de travail. "Ça va passer. Un peu de patience..." Elle se redressa peu à peu et fit quelques pas douloureux vers la fenêtre non loin. Elle n'eut pas le temps de la rejoindre que, dans le couloir, les échos d'une voix stridente se fit entendre.
_ Jamais tranquille, ici... Même aussi près des officiers on entend encore des hurlements incompréhen...
Mais en écoutant plus attentivement les mots crachés par cette voix tonitruante, elle cessa aussitôt de geindre. Oubliant ses vieilles douleurs, elle sauta sur son barda, fouilla un instant dans le capharnaüm de meubles gavés de souvenirs et de documents et parvint à attraper une épée sur une étagère. Simplement vêtue d'une robe de citadin, elle se rua dans le couloir, aperçut an fond Aurys entrainant tout ce qui l'entourait avec elle, et dégringola les étages jusqu'à la grande porte.
Ses yeux se figèrent sur le tabard de l'inconnu, ne regardant rien d'autre que cela, et elle stoppa net sa course. Tentant de reprendre consistance après sa charge infructueuse, elle se redressa de toute sa taille, et fixa enfin sans les voir les yeux de l'elfe de sang, assis sur sa charrette. Galadra avait bien trop d'amis dans l'Aldor pour ne pas prendre parti pour eux, mais depuis que les Sha'tar ont accueilli en ami les Clairvoyants, les draeneïs ont fait l'effort de ne pas provoquer de conflit, en l'honneur de leurs vieux alliés.
Se tournant vers Inwëh, elle laissa la matriarche en elle parler, préférant s'amuser gentiment de la situation.
_ Eh bien ils m'ont l'air terribles, nos ennemis. Mon enfant, n'étiez-vous pas encore à moitié endormie?
_ Jamais tranquille, ici... Même aussi près des officiers on entend encore des hurlements incompréhen...
Mais en écoutant plus attentivement les mots crachés par cette voix tonitruante, elle cessa aussitôt de geindre. Oubliant ses vieilles douleurs, elle sauta sur son barda, fouilla un instant dans le capharnaüm de meubles gavés de souvenirs et de documents et parvint à attraper une épée sur une étagère. Simplement vêtue d'une robe de citadin, elle se rua dans le couloir, aperçut an fond Aurys entrainant tout ce qui l'entourait avec elle, et dégringola les étages jusqu'à la grande porte.
Ses yeux se figèrent sur le tabard de l'inconnu, ne regardant rien d'autre que cela, et elle stoppa net sa course. Tentant de reprendre consistance après sa charge infructueuse, elle se redressa de toute sa taille, et fixa enfin sans les voir les yeux de l'elfe de sang, assis sur sa charrette. Galadra avait bien trop d'amis dans l'Aldor pour ne pas prendre parti pour eux, mais depuis que les Sha'tar ont accueilli en ami les Clairvoyants, les draeneïs ont fait l'effort de ne pas provoquer de conflit, en l'honneur de leurs vieux alliés.
Se tournant vers Inwëh, elle laissa la matriarche en elle parler, préférant s'amuser gentiment de la situation.
_ Eh bien ils m'ont l'air terribles, nos ennemis. Mon enfant, n'étiez-vous pas encore à moitié endormie?
Et l'on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens, Mais, dans l'œil du vieillard, on voit de la Lumière.
(Victor Hugo)
It's the storytime!
(Victor Hugo)
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- Paullariand Dourentée
- Retraité de l'Ost
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- Enregistré le : ven. 22 janv., 2010 11:56 am
- Localisation : Dans le bureau du T.R.A.U.M.A.
Paullariand était heureux, lles faits d'armes de l'Ost Pourpre étaient de plus en plus impressionnants, et même si ce n'était (encore) pas de son fait, cela lui était bénéfique auprès de Dalaran.
Il était heureux aussi car il jugeait que les administrés de Dame de Nor Laedro, et elle même, s'intéressaient à un meilleur système administratif, ce jugement étant complètement subjectif évidemment. Et il avait hâte de rencontrer le Trésorier, dont il avait entendu tant de bien !
Mais lorsqu'il s'approcha de la garnison, il entendit les cloches… l'alarme… Il était seul, à découvert sur le chemin, chargé de papier et d'un bâton de marche (bien qu'avoir un bâton de combat ne l'aurait pas non plus rassuré).
Heureusement que tout agent de Dalaran suivait un entraînement rude, et était préparé un minimum au combat ! Décidant que sa situation stratégique était précaire, il invoqua un bouclier qui le protégerait pendant quelques secondes des attaquants embusqués, puis, avec une rapidité étonnante, Paullariand se téléporta à Hurlevent.
Assis dans la halle des mages, reprenant son soufle des émotions, il décida de courir avertir la garde d'Hurlevent : le bastion du ruisseau de l'Ouest était attaqué.
Il était heureux aussi car il jugeait que les administrés de Dame de Nor Laedro, et elle même, s'intéressaient à un meilleur système administratif, ce jugement étant complètement subjectif évidemment. Et il avait hâte de rencontrer le Trésorier, dont il avait entendu tant de bien !
Mais lorsqu'il s'approcha de la garnison, il entendit les cloches… l'alarme… Il était seul, à découvert sur le chemin, chargé de papier et d'un bâton de marche (bien qu'avoir un bâton de combat ne l'aurait pas non plus rassuré).
Heureusement que tout agent de Dalaran suivait un entraînement rude, et était préparé un minimum au combat ! Décidant que sa situation stratégique était précaire, il invoqua un bouclier qui le protégerait pendant quelques secondes des attaquants embusqués, puis, avec une rapidité étonnante, Paullariand se téléporta à Hurlevent.
Assis dans la halle des mages, reprenant son soufle des émotions, il décida de courir avertir la garde d'Hurlevent : le bastion du ruisseau de l'Ouest était attaqué.
- Inwëh
- Chevalier
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- Enregistré le : mer. 28 oct., 2009 1:48 pm
- Localisation : Les catacombes.
Inwëh arriva en soufflant juste après Aurys et prit soin de rester bien derrière son chevalier juste au cas où..
- Et bien ils m'ont l'air terribles vos ennemis. Mon enfant, n'étiez vous pas encore à moitié endormie ?
C'est vrai que pour Galadra, ils étaient tous un peu des enfants. Mais tout de même, ainsi douter de sa fiabilité. Inwëh dévisagea Virarandrel d'un air soupçonneux de derrière son bouclier humain.
- Et pourquoi il ne le serait pas ! Ser Egmond m'a dit d'attendre ici une ruse ennemie ! Je suis certaine que c'est une embuscade !
Dit-elle sans quitter l'elfe de son regard éclatant de triomphe et de malveillance , fière d'avoir ainsi déjoué les plans !
- Et bien ils m'ont l'air terribles vos ennemis. Mon enfant, n'étiez vous pas encore à moitié endormie ?
C'est vrai que pour Galadra, ils étaient tous un peu des enfants. Mais tout de même, ainsi douter de sa fiabilité. Inwëh dévisagea Virarandrel d'un air soupçonneux de derrière son bouclier humain.
- Et pourquoi il ne le serait pas ! Ser Egmond m'a dit d'attendre ici une ruse ennemie ! Je suis certaine que c'est une embuscade !
Dit-elle sans quitter l'elfe de son regard éclatant de triomphe et de malveillance , fière d'avoir ainsi déjoué les plans !
Aurys a écrit :Inweh : c'est pour ce genre de choses que tu restes ma préférée <3
Aurys approcha de l'elfe - car c'en était bien un - d'un air circonspect. Inwëh avait des talents très variés, et nul doute que ce qu'elle ingérait quotidiennement devait lui valoir son quota d'extralucidité. Mais en l'occurrence, et à moins que les ingénieurs de Lune d'Argent n'aient inventé le processus de miniaturisation d'une escouade complète de grunts d'élite, la Garnison ne courait aucun danger.
Elle salua l'inconnu militairement.
Je suis Aurys de Nor Laedro. Que nous vaut votre visite ?
Elle salua l'inconnu militairement.
Je suis Aurys de Nor Laedro. Que nous vaut votre visite ?
- Virarandrel
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- Enregistré le : lun. 26 avr., 2010 9:45 am
- Localisation : Terrasse des Clairvoyants
Le paladin ne fit aucun mouvement. Ce n'était pas le moment de paraître suspect. La jeune femme qui avait crié au loup n'avait semblait-il convaincu personne, autant que cela reste comme ça. Aucun mouvement, à part appuyer sur une draenite dorée qui ornait la poignée de sa masse.
"J'apporte des nouvelles de l'Outreterre..."
Il hésita, mais le besoin de se justifier était trop fort, particulièrement auprès d'Aurys qui s'était distinguée parmi les Clairvoyants, même si cela n'aurait bientôt plus aucune importance.
"Elles ne sont pas bonnes. Grâce à des gens tels que vous, connétable, les Clairvoyants ont maintenu une bonne avance sur l'Aldor quant à la lutte contre Kael'Thas... Mais la pugnacité du prince est inaltérable. Cela a bien servi notre peuple après la chute de Quel'Thalas, mais aujourd'hui, nous conduit à notre perte."
Sa voix tremblait d'une rage à peine contenue.
"Les solfuries ont compensé la destruction de plusieurs manaforge par des exactions visant à saper notre moral. Des enlèvements, suivis de tortures qui visent à la fois à extirper des informations, mais aussi ôter tout espoir à ceux qui en sont témoins... Les prisonniers sont souvent libérés, renvoyés à leur commandement, ou parfois même directement à leurs familles, mais ce qu'ils ont subi... La mort eut été plus douce. Certains ont perdu la raison..."
Il secoua la tête.
"Les solfuries ont presque repris complètement Raz-du-Néant. Les gobelins ont évacué la zone 52, seul l'écodôme principal du Consortium n'est pas tombé, mais personne ne peut y entrer. Le Consortium a modifié quelque chose dans le bouclier de l'écodôme, empêchant toute créature de chair de le traverser."
Il avait dépeint une situation catastrophique. Il fallait qu'ils se rendent compte que tout, ou presque, était perdu en Outreterre. Mais à mesure qu'il parlait, lui-même s'en rendait compte. Jusqu'ici, il n'avait pas vraiment réalisé à quel point Kael'Thas était proche de la victoire. Il porta la main à son casque et décrocha le masque.
La première réaction en voyant ce visage était logiquement : "Mais où est passé l'autre moitié?"
L'elfe avait parlé des pratiques des Solfuries. Nul doute possible, il les avait expérimentée au premier plan. La moitié gauche de son visage avait été ravagée par l'acier, le feu, l'acide... Difficile de le dire, tellement il ne ressemblait plus à rien. Son profil droit était intact, accentuant par contraste les horreurs qu'il avait subit. Inwëh devait trouver ce travail remarquable.
"J'apporte des nouvelles de l'Outreterre..."
Il hésita, mais le besoin de se justifier était trop fort, particulièrement auprès d'Aurys qui s'était distinguée parmi les Clairvoyants, même si cela n'aurait bientôt plus aucune importance.
"Elles ne sont pas bonnes. Grâce à des gens tels que vous, connétable, les Clairvoyants ont maintenu une bonne avance sur l'Aldor quant à la lutte contre Kael'Thas... Mais la pugnacité du prince est inaltérable. Cela a bien servi notre peuple après la chute de Quel'Thalas, mais aujourd'hui, nous conduit à notre perte."
Sa voix tremblait d'une rage à peine contenue.
"Les solfuries ont compensé la destruction de plusieurs manaforge par des exactions visant à saper notre moral. Des enlèvements, suivis de tortures qui visent à la fois à extirper des informations, mais aussi ôter tout espoir à ceux qui en sont témoins... Les prisonniers sont souvent libérés, renvoyés à leur commandement, ou parfois même directement à leurs familles, mais ce qu'ils ont subi... La mort eut été plus douce. Certains ont perdu la raison..."
Il secoua la tête.
"Les solfuries ont presque repris complètement Raz-du-Néant. Les gobelins ont évacué la zone 52, seul l'écodôme principal du Consortium n'est pas tombé, mais personne ne peut y entrer. Le Consortium a modifié quelque chose dans le bouclier de l'écodôme, empêchant toute créature de chair de le traverser."
Il avait dépeint une situation catastrophique. Il fallait qu'ils se rendent compte que tout, ou presque, était perdu en Outreterre. Mais à mesure qu'il parlait, lui-même s'en rendait compte. Jusqu'ici, il n'avait pas vraiment réalisé à quel point Kael'Thas était proche de la victoire. Il porta la main à son casque et décrocha le masque.
La première réaction en voyant ce visage était logiquement : "Mais où est passé l'autre moitié?"
L'elfe avait parlé des pratiques des Solfuries. Nul doute possible, il les avait expérimentée au premier plan. La moitié gauche de son visage avait été ravagée par l'acier, le feu, l'acide... Difficile de le dire, tellement il ne ressemblait plus à rien. Son profil droit était intact, accentuant par contraste les horreurs qu'il avait subit. Inwëh devait trouver ce travail remarquable.
- Inwëh
- Chevalier
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- Enregistré le : mer. 28 oct., 2009 1:48 pm
- Localisation : Les catacombes.
Inwëh devait encore être à des kilomètres de là, l'esprit agité de soupçons autours de sa petite personne sans même prêter attention au sombre récit de Virarandrel...
- ... avance sur l'Aldor quant à la lutte contre Kael'Thas...Mais la pugnacité..
Egmond aurait-il osé l'envoyer monter la garde pour l'éloigner... Il aurait osé faire ça ? Mais dans ce cas de quoi vouloir l'éloigner ? Une tâche importante ? Peut-être un arme secrète ... Oui
- ... Ont compensé la destruction de plusieurs manaforges pas des esclaves visant à saper notre moral. Des enlèvements, suivis de tortures qui visent à la fois.
Torture ? Inwëh sortit soudain de ses digressions à l'entente du terme si doux. Penchant la tête sur le côté. Elle trouvait particulièrement grossier d'oser faire un exposé sur le pas de la porte et ainsi masqué. D'ailleur, le port du masque noir en toute circonstance était une fantaisie qu'elle ne tolérait que sur sa propre personne. Elle plissa les yeux vers les fentes du haumes comme si elle eut pu le faire choir de la seule force de sa pensée.
- ... de l'écodôme, empêchant toute créature de chair de le traverser.
La démonsite était à présent penchée sur le côté pour regarder au-delà d'Aurys derrière laquelle elle se cachait toujours. Elle ne pu s'empêcher de trépigner intérieurement quand l'elfe leva la main à son visage et poussa un peu la Connétable pour passer. Aurys tiqua, voyant Inwëh avancer un peu plus en renifflant. La souffrance laisse sur l'âme une odeur de vitriol que seuls les nez aussi créatifs que celui d'Inwëh peuvent déceler. Virarandrel sembla satisfait de sa petite mise en scène. Inwëh, dont les yeux flamboyaient à présent de malveillance hystérique ouvrit la bouche pour parler. Mais soudain, le battement des sabots sur le chemin se fit entendre. Un voix d'homme cria.
- Grouillez-vous !! Le bastion est attaqué !!!
- ... avance sur l'Aldor quant à la lutte contre Kael'Thas...Mais la pugnacité..
Egmond aurait-il osé l'envoyer monter la garde pour l'éloigner... Il aurait osé faire ça ? Mais dans ce cas de quoi vouloir l'éloigner ? Une tâche importante ? Peut-être un arme secrète ... Oui
- ... Ont compensé la destruction de plusieurs manaforges pas des esclaves visant à saper notre moral. Des enlèvements, suivis de tortures qui visent à la fois.
Torture ? Inwëh sortit soudain de ses digressions à l'entente du terme si doux. Penchant la tête sur le côté. Elle trouvait particulièrement grossier d'oser faire un exposé sur le pas de la porte et ainsi masqué. D'ailleur, le port du masque noir en toute circonstance était une fantaisie qu'elle ne tolérait que sur sa propre personne. Elle plissa les yeux vers les fentes du haumes comme si elle eut pu le faire choir de la seule force de sa pensée.
- ... de l'écodôme, empêchant toute créature de chair de le traverser.
La démonsite était à présent penchée sur le côté pour regarder au-delà d'Aurys derrière laquelle elle se cachait toujours. Elle ne pu s'empêcher de trépigner intérieurement quand l'elfe leva la main à son visage et poussa un peu la Connétable pour passer. Aurys tiqua, voyant Inwëh avancer un peu plus en renifflant. La souffrance laisse sur l'âme une odeur de vitriol que seuls les nez aussi créatifs que celui d'Inwëh peuvent déceler. Virarandrel sembla satisfait de sa petite mise en scène. Inwëh, dont les yeux flamboyaient à présent de malveillance hystérique ouvrit la bouche pour parler. Mais soudain, le battement des sabots sur le chemin se fit entendre. Un voix d'homme cria.
- Grouillez-vous !! Le bastion est attaqué !!!
Aurys a écrit :Inweh : c'est pour ce genre de choses que tu restes ma préférée <3
Aurys écouta le récit de l'elfe avec la plus grande attention. Le messager était bien informé : la Connétable n'avait fait que rarement étalage de l'aide qu'elle avait régulièrement apporté aux Clairvoyants. Pourtant, son choix avait à l'époque été facilement pris : l'Aldor, dans son exaltation de la lumière des Naarus, ne lui parlait tout simplement pas. Avec les elfes de sang, elle se sentait en terrain connu, d'autant qu'elle avait toujours apprécié les natifs de Lune d'Argent, anciens alliés de Lordaeron, en dépit des tourments que ce peuple avait subis.
Raz de Néant aux mains de Kael'thas et de ses féaux ? C'est inacceptable. Ca ouvrirait la porte à la reconquête de l'Outreterre.
Aurys en était là de ses remarques quand l'elfe retira son masque. Ce n'était pas très joli à voir, et la Connétable grimaça. Non pas pour la souffrance que le messager avait dû éprouver à l'époque, mais plutôt pour celle qu'il connaissait aujourd'hui : la beauté restait un critère important dans la société elfique, et nul doute que se cacher derrière un masque constituait un poids au quotidien.
Si vous venez jusqu'à notre porte, c'est que vous avez une idée bien précise, fit-elle sans se laisser perturber par son écuyère. Que pouvons-nous pour vous ?
Raz de Néant aux mains de Kael'thas et de ses féaux ? C'est inacceptable. Ca ouvrirait la porte à la reconquête de l'Outreterre.
Aurys en était là de ses remarques quand l'elfe retira son masque. Ce n'était pas très joli à voir, et la Connétable grimaça. Non pas pour la souffrance que le messager avait dû éprouver à l'époque, mais plutôt pour celle qu'il connaissait aujourd'hui : la beauté restait un critère important dans la société elfique, et nul doute que se cacher derrière un masque constituait un poids au quotidien.
Si vous venez jusqu'à notre porte, c'est que vous avez une idée bien précise, fit-elle sans se laisser perturber par son écuyère. Que pouvons-nous pour vous ?
- Inwëh
- Chevalier
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- Localisation : Les catacombes.
La volonté d'Aurys à ne pas se laisser distraire était admirable car si elle était habituée au remue-ménage généralement occasionné par la bruyante personne d'Inwëh, elle ne se laissa pas non plus troubler par la troupe qui pressait le pas sur la route. La démoniste lança un regard vers son cher chevalier (enfin plutôt chevalière) pour se disculper de l'arrivée de la cavalerie. Mais comme la Première Dame semblait toujours absorbée par le destin des Clairvoyants, elle prit les choses en main et s'avanca à la rencontre des soldats en agitant les mains.
- Cavaliers d'Hurlevent, quelles nouvelles vous amènent ici ?
Et le chef de la troupe de dégainer son épée en lançant un regard dédaigneux à Inwëh.
- Où sont vos hommes et où est l'ennemi ? L'alerte a été donnée ! Hors de mon chemin ! Faites mander vos supérieurs, servante !
Inwëh tiqua et se demanda comment un vil péon aussi obtus que la panse de Thokdok avait pu finir commandant d'un bataillon. Bien sûr, il était plus qu'évident qu'elle était vétérante de guerre et éminente doctoresse de l'Ost Pourpre. La grandeur des actes qu'elle avait accompli, notamment lors des nombreuses descentes à Ulduar, était gravée sur son visage, sans aucun doute ! Bombant le torse, elle répondit du ton le plus méprisant en stock.
- Monsieur, si vous acceptez de me suivre, je vous ferai parler à notre général.
Laissant là les hommes de main, elle passa, accompagnée du commandant, devant Auys (très absorbée par sa discussion), tout droit vers le bastion et plus précisément vers son bureau communément connu sous le nom de géôles.
- Cavaliers d'Hurlevent, quelles nouvelles vous amènent ici ?
Et le chef de la troupe de dégainer son épée en lançant un regard dédaigneux à Inwëh.
- Où sont vos hommes et où est l'ennemi ? L'alerte a été donnée ! Hors de mon chemin ! Faites mander vos supérieurs, servante !
Inwëh tiqua et se demanda comment un vil péon aussi obtus que la panse de Thokdok avait pu finir commandant d'un bataillon. Bien sûr, il était plus qu'évident qu'elle était vétérante de guerre et éminente doctoresse de l'Ost Pourpre. La grandeur des actes qu'elle avait accompli, notamment lors des nombreuses descentes à Ulduar, était gravée sur son visage, sans aucun doute ! Bombant le torse, elle répondit du ton le plus méprisant en stock.
- Monsieur, si vous acceptez de me suivre, je vous ferai parler à notre général.
Laissant là les hommes de main, elle passa, accompagnée du commandant, devant Auys (très absorbée par sa discussion), tout droit vers le bastion et plus précisément vers son bureau communément connu sous le nom de géôles.
Aurys a écrit :Inweh : c'est pour ce genre de choses que tu restes ma préférée <3
- Virarandrel
- Messages : 5
- Enregistré le : lun. 26 avr., 2010 9:45 am
- Localisation : Terrasse des Clairvoyants
La reconquête de l'Outreterre par Kael'thas. Quelque part, Virarandrel n'avait peut-être pas vu aussi loin. Il n'y avait dans ses pensées que les deux êtres qui comptaient le plus pour lui : sa femme et sa fille.
Combien de familles seraient brisées si le prince déchu arrivait à ses fins? Combien d'autres elfes détourné de leur devoir? Qui se dresserait devant la folie du dernier Haut-Soleil?
L'Ost Pourpre? C'était ce que craignaient les Solfuries, de toute évidence. Sinon, ils ne l'auraient pas envoyé, lui. Devait sacrifier l'Outreterre pour espérer revoir sa famille? Son devoir de père le lui criait. Mais pourrait-il regarder à nouveau celles qu'il aimait par dessus tout dans les yeux s'il allait jusqu'au bout du plan?
Perdu dans ses pensées, l'arrivée de la cavalerie et la façon dont Inwëh s'en occupa passèrent complètement inaperçues du paladin.
Il repensa à tout ce qu'il venait lui même de dire. Ce n'était que la vérité, après tout. Il avait même convaincu la Connétable. Et face à la détermination de la jeune femme, il sut. Au fond de son cœur, il sut que les siens avaient quitté ce monde, que Kael'Thas n'attendrait pas la fin de sa mission pour libérer les siens, mais qu'ils avaient déjà péri. Et de la même façon qu'il le savait, il sut aussi ce qu'il devait faire.
Il sauta sur la charrette, arracha la toile cirée et frappa de son bouclier sur la caisse qu'elle dissimulait. Le bois céda tout de suite, révélant un socle sur lequel était posé une sphère de métal. Des runes étaient gravées sur toute sa surface, entourant plusieurs disques de cristal.
"Je suis désolé... J'aurais du comprendre plus tôt... Le compte à rebours a commencé...."
Pour tous ceux qui s'étaient déjà rendu dans le fourré cénarien de la forêt de Terokkar, et qui avaient enquêté sur les évènements qui s'y était déroulés, l'objet était familier : une bombe de mana.
"Jamais je ne reverrai ma famille, mais si Kael n'est pas stoppé, des milliers d'autres subiront le même sort. Arrêtez-le... C'est..."
Les cristaux de la sphère se mirent alors à briller de manière erratique. Virarandrel s'interrompit et posa sa main dessus, et prononça un mot unique. Le mot lui même était inconnu à quiconque n'était pas versé dans la langue des elfes, mais les inflexions de la voix pouvaient rappeler aux paladins présents le lancement d'un sort.
Un bouclier magique entoura le paladin et la sphère. L'elfe fixa son œil unique dans le regard d'Aurys. Il y avait une étincelle d'espoir, et il sourit faiblement. Il aurait voulu dire plus. S'excuser d'avoir cédé à ses bourreaux en échange d'un fol espoir. Leur faire jurer qu'ils en finiraient une bonne fois avec le prince elfe. Mais il n'avait plus le temps pour ça.
"Frappez l'oeil, il ne s'y attendra pas, il se croit à l'abri maintenant que Raz-du..."
Une lumière aveuglante emplit le bouclier divin du paladin, avant de s'éteindre.
La sphère semblait totalement inerte, comme celle retrouvée au fourré. Du paladin, il ne restait que le cadavre d'une créature malingre au visage ravagé, et à la peau grise : tous les attributs d'un déshérité.
Combien de familles seraient brisées si le prince déchu arrivait à ses fins? Combien d'autres elfes détourné de leur devoir? Qui se dresserait devant la folie du dernier Haut-Soleil?
L'Ost Pourpre? C'était ce que craignaient les Solfuries, de toute évidence. Sinon, ils ne l'auraient pas envoyé, lui. Devait sacrifier l'Outreterre pour espérer revoir sa famille? Son devoir de père le lui criait. Mais pourrait-il regarder à nouveau celles qu'il aimait par dessus tout dans les yeux s'il allait jusqu'au bout du plan?
Perdu dans ses pensées, l'arrivée de la cavalerie et la façon dont Inwëh s'en occupa passèrent complètement inaperçues du paladin.
Il repensa à tout ce qu'il venait lui même de dire. Ce n'était que la vérité, après tout. Il avait même convaincu la Connétable. Et face à la détermination de la jeune femme, il sut. Au fond de son cœur, il sut que les siens avaient quitté ce monde, que Kael'Thas n'attendrait pas la fin de sa mission pour libérer les siens, mais qu'ils avaient déjà péri. Et de la même façon qu'il le savait, il sut aussi ce qu'il devait faire.
Il sauta sur la charrette, arracha la toile cirée et frappa de son bouclier sur la caisse qu'elle dissimulait. Le bois céda tout de suite, révélant un socle sur lequel était posé une sphère de métal. Des runes étaient gravées sur toute sa surface, entourant plusieurs disques de cristal.
"Je suis désolé... J'aurais du comprendre plus tôt... Le compte à rebours a commencé...."
Pour tous ceux qui s'étaient déjà rendu dans le fourré cénarien de la forêt de Terokkar, et qui avaient enquêté sur les évènements qui s'y était déroulés, l'objet était familier : une bombe de mana.
"Jamais je ne reverrai ma famille, mais si Kael n'est pas stoppé, des milliers d'autres subiront le même sort. Arrêtez-le... C'est..."
Les cristaux de la sphère se mirent alors à briller de manière erratique. Virarandrel s'interrompit et posa sa main dessus, et prononça un mot unique. Le mot lui même était inconnu à quiconque n'était pas versé dans la langue des elfes, mais les inflexions de la voix pouvaient rappeler aux paladins présents le lancement d'un sort.
Un bouclier magique entoura le paladin et la sphère. L'elfe fixa son œil unique dans le regard d'Aurys. Il y avait une étincelle d'espoir, et il sourit faiblement. Il aurait voulu dire plus. S'excuser d'avoir cédé à ses bourreaux en échange d'un fol espoir. Leur faire jurer qu'ils en finiraient une bonne fois avec le prince elfe. Mais il n'avait plus le temps pour ça.
"Frappez l'oeil, il ne s'y attendra pas, il se croit à l'abri maintenant que Raz-du..."
Une lumière aveuglante emplit le bouclier divin du paladin, avant de s'éteindre.
La sphère semblait totalement inerte, comme celle retrouvée au fourré. Du paladin, il ne restait que le cadavre d'une créature malingre au visage ravagé, et à la peau grise : tous les attributs d'un déshérité.
